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Invité par l’association Alliance pour le développement et l'éducation en Afrique (ADEA), Youssou Ndour était, hier après-midi, l’hôte de l’amphithéâtre Emile Boutmy de l’Université Sciences -Pô paris. Accompagné, sur l’estrade, par des étudiants et responsables de l’université, le roi du Mbaalax a, pendant plus d’une heure, partagé avec l’assistance son expérience, ses rêves et ambitions pour une Afrique autosuffisante, développée et démocratique. Le temple des Sciences politiques de Paris avait, hier, un hôte peu habitué aux amphithéâtres. Pour son engagement et son leadership, Youssou Ndour était invité à partager, avec l’assistance, son expérience et ses conseils. Dans ce sens, exhortant ses cadets à l’excellence, l’auteur de Dakar-Kingston –son dernier album- leur a fait comprendre qu’ils ont eu beaucoup de chances -contrairement à lui qui n’a fait que l’école de la rue- d’avoir fait des études et devaient, en conséquence, se battre pour répondre aux enjeux actuels et futurs de la mondialisation. Contrairement aux discours auto-flagorneurs auxquels nous ont habitué les gouvernants, pour mettre en valeur «leurs résultats» en matière de scolarisation, Youssou est d’avis que l’Education est un droit universel qu’aucun gouvernement ne doit ignorer. Après un demi-siècle de vie, bien remplie, et au cours de laquelle il a reçu toutes les consécrations, le chanteur et homme d’affaires a décidé de se lancer dans la politique. «2012, avertit-il, ne se fera pas sans moi». Faut-il, par là, voir une déclaration de candidature à la prochaine présidentielle? Le patron de Futurs Médias est sans équivoque. «Je n’ai aucune ambition présidentielle, mais je vais m’engager, descendre dans l’arène et éveiller les consciences.» Son choix ne sera plus secret et pour cela, il menace de faire des tournées sur l’ensemble du territoire pour, dit-il, «démasquer les tricheurs». D’ailleurs son mouvement est déjà constitué et protégé, il se nomme Fékké Massibolé. D’emblé, Youssou tient à préciser que son mouvement n’est ni contre Wade ni pour l’opposition et n’écarte pas l’idée d’appeler à voter pour un candidat déterminé. Ce mouvement qui verra le jour sous son leadership sera un cercle de réflexion qui n’aura rien à voir avec le problème de sa télé. « Ce sera, précise-t-il, un cercle de réflexion». Intervenant sur le problème de la crise en Casamance, Youssou croit savoir que le comportement de l’Etat –avec l’option militaire sur le terrain et les menaces judiciaires- ne milite pas en faveur de la paix. D’ailleurs, revenant tout juste d’une tournée au sud du pays, il a laissé entendre qu’il ne comprend pas que dans ce Sénégal, qui est une nation de dialogue, on refuse de le faire avec ce dossier. Son virage à 90°, vers ce glissant et dangereux terrain –politique- qui semble être la chasse gardée de certains oligarques serait, à en croire le Lead-vocal du Super Etoile, motivé par le fait qu’à son âge il ne peut plus rester neutre. En plus de l’insupportable précarité dans laquelle vit le peuple -au moment où l’argent coule à flot au sommet de l’Etat- c’est le sort peu enviable que lui réserve le régime libéral qui semble motiver la radicalisation de l’artiste: sa banque Birima comme sa télé Futurs Médias sont dans le viseur de l’Etat. «Je ne peux pas investir plus d’un milliards de mes économies et m’entendre dire: « vas te coucher, tu n’auras pas ta télé». Je ne cherche pas de bras de fer et je ne suis pas l’ennemi de Wade. D’ailleurs je suis prêt à le laisser, s’il le veut, nommer le directeur de ma télé; s’il a des craintes par rapport à nous». Le règlement de son problème poussera-t-il Youssou Ndour à renoncer à son combat politique? «Non, cela ressemblerait à un chantage. Qu’il y ait TFM ou pas, mon engagement est déjà établi. Et j’ai beaucoup de respects pour nos institutions pour les faire chanter» a conclu l’artiste. Pour l’instant, un dialogue de sourds semble s’être installé ; lors de sa dernière sortie, Abdoulaye Wade, le chef de l’Etat, avait laissé entendre qu’il n’autoriserait jamais la diffusion du signal de TFM et cela malgré les deux millions de pétitionnaires qui ont souhaité voir cette télé en fonction. Babacar Touré kimikikiko@yahoo.fr
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