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«Lorsque deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui meurent.» Général Robert Gueï, 3ème Président de la Côte d’Ivoire. Quoi que l’on puisse dire ou penser de ce pays, il est le seul, en Afrique de l’Ouest, francophone à avoir connu le plus grand nombre d’alternances profondes à la tête de son Exécutif. En cinquante ans d’indépendance, le pays d’Houphouët a vu passer 5 présidents –même si on peut discuter des conditions de l’arrivée au pouvoir de certains. Et, pour la deuxième fois de son histoire, il est, depuis trois semaines, dirigé par deux chefs à la tête du même exécutif: Laurent Gbagbo, le président légal et Alassane Dramane Ouattara, le président élu. L’un comme l’autre conforté dans ses fonctions par une légitimité tirée de l’organe suprême de son pays –le Conseil Constitutionnel-, pour l’autre de l’institution mise en place pour surveiller et contrôler les élections. Ça parait ahurissant aux yeux du monde, mais cette situation est du déjà vécue en Côte d’Ivoire. Et les humoristes ivoiriens pensent que quand on a deux présidents en exercice, les problèmes du pays sont vite et mieux réglés. Puisque j’ai remarqué que certains analystes –volontairement ou par ignorance- occultent certaines vérités, il est de mon devoir -en tant que témoin équidistant de toutes les chapelles- de rétablir certaines vérités historiques qui bien que trop récentes commencent apparaitre vieillottes. En 2000 déjà, nous avions connue la même situation actuelle entre Gbagbo Laurent et Gueï Robert, avec toujours cette même Commission Electorale Indépendante comme arbitre. En 2000, elle était dirigée par M. Guié Honoré et l’homme a trainé les pieds comme Youssouf Bakayoko aujourd’hui. Il y’a 10 ans, Honoré Guié a tenu le pays en haleine pendant 3 jours sans livrer les résultats de l’élection. Contrairement à 2010, les hommes de Honoré Guié n’avaient jamais fini le comptage des voix; ils ont été arrêtés dans leur travail par les hommes de Gueï Robert et le président de la commission électorale fut conduit dans les sous-sols du palais et torturé pendant des heures, pour déclarer le général vainqueur, au moment où, Gbagbo Laurent -protégé par la 43 Bima et avec la complicité du gouvernement français, dirigé alors par les Socialistes, avec Lionel Jospin à Matignon-, demandait, à travers les ondes de RFI, aux «Républicains» de descendre dans la rue pour sauver la République. Dès le 23 octobre, Gbagbo comme Gueï s’étaient tous deux déclarés élus et avaient appelé l’armée à se rallier à eux. Dans la matinée du 24, les militaires avaient commencé à tirer sur les manifestants. Ce fut le début d’un long chao. Ce n’est que le 25 que le général s’est résolu à quitter le pouvoir, laissant, derrière lui, des dizaines de cadavres -que Gbagbo nommera les Martyrs de la République- et avec l’engagement ferme du nouveau locataire du palais du plateau que le général ne serait jamais poursuivi pour quelque crime que ce soit. Et devait bénéficier des privilèges dus à son rang d’ancien chef de l’Etat ivoirien. De ces engagements, le cardinal Bernard Agré s’était porté garant. Et si le général s’était retiré du pouvoir aussi -«facilement»-, il s’était rendu compte -après un bref survol d’Abidjan- que le peuple était dans la rue. Mais, il avait aussi vu -de visu- l’importance des massacres effectués, en son nom, par la Cosa Nstra, la Brigade Rouge, la Camora, les Zinzins et les Baéfoé tous des militaires transformés en miliciens favorables au général. Ensuite, par hélicoptère, en compagnie de son aide de camps, le capitaine Fabien Coulibaly, celui qui se considérait comme le seul garçon de Côte d’Ivoire s’est envolé vers Gouéssésso pour l’instauration du Gueï-Land: le premier territoire insurrectionnel du pays. Informé du départ de Gueï, Gbagbo s’était immédiatement autoproclamé président de la République et avait convoqué le Président de la Cour Suprême à venir superviser sa prestation de serment, le 26 octobre 2000 devant une poignée de diplomates confus. Trente minutes après sa prise de fonction, Gbagbo a donné l’ordre à l’armée d’user de tous les pouvoirs pour réprimer les manifestants qui étaient toujours dans la rue et qui, après avoir fait partir Gueï, demandaient, cette fois-ci, la reprise de l’élection et la participation d’Alassane Ouattara recalé par un certain Tia Koné, président de la Cour Constitutionnelle «pour nationalité douteuse». Dans la soirée du 26 octobre, des dizaines d’ivoiriens, cueillis jusque dans leurs demeures, ont été canardés par les forces de l’ordre. Voila comment on est sortie de la bicéphalie de l’exécutif ivoirien en 2000. On ne change pas une tactique qui fait gagner. Gbagbo croit que ce qui lui a réussi il y a 10 ans ne peut que lui être bénéfique aujourd’hui, mais tout porte à croire qu’il se trompe lourdement. Les choses ont beaucoup changé. Les gendarmes du monde –les Usa- n’ont plus le complexe de légitimité qu’ils avaient en 2000 avec un président –Georges W Bush- mal élu face à un Al-Goore floué de ses voix. Ils ne pouvaient pas se permettre de donner des leçons de démocratie puisqu’ils étaient au même moment que les Ivoiriens occupés, des mois durant, à vider un contentieux électoral encore opaque. Barack Obama n’a pas ce problème, il peut tout se permettre. Gbagbo Laurent n’a plus le Parti socialiste Français pour le soutenir, ses nombreux crimes l’attendent devant de nombreuses juridictions internationales et le peuple comme les Jeunes Patriotes, qui ont gouté à son pouvoir, ne sont plus prêts à le suivre aveuglement dans l’apocalypse qu’il veut instaurer si le pays devait continuer sans lui. Il est isolé et n’est soutenu que par deux pays; plutôt deux présidents et deux opposants: Dos Santos d’Angola, Yaya Jammeh de Gambie, Ousmane Tanor Dieng et Guy Laberty, les amis socialistes de toujours. Et, si les intellectuels se sont étranglés de ces soutiens, peu d’analystes ont essayé d’éclaircir l’opinion sur les raisons qui ont poussé ces supporters -d’un autre âge- à se lancer sur cette voie suicidaire. D’abord, il faut savoir que sous l’égide d’Houphouët Boigny, de Henry Konan Konan Bédié comme sous Gueï Robert, la Côte d’Ivoire servait de base de repli à l’Unita de Jonas Savimbi. Les rebelles angolais bénéficiaient de passeports diplomatique ivoiriens, étaient installés à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, recevaient -pour contourner l’embargo onusien, mais aussi par sécurité des affaires- les diamantaires d’Anvers dans la capitale ivoirienne. Mais aussi -et surtout- c’est Abidjan qui faisait les commandes d’armes au nom de la Côte d’Ivoire pour les livrer, après, à l’Unita. Dès son arrivée au pouvoir, Gbagbo Laurent, conscient des dividendes qu’il pouvait tirer de cette affaire, a coupé les liens presque ancestraux avec l’Unita pour se lier d’amitié avec le pouvoir central de Luanda. Et cet isolement comme les informations livrées par les renseignements ivoiriens qui ont permis de localiser Jonas Savimbi et de le tuer, grâce à son téléphone Turaya qui a guidé le missile qui l’a déchiqueté. Pour le remercier, Luanda a formé et armé des contingents entiers -de l’armée et de la police ivoirienne- tous fidèles à Gbagbo. Mais aussi, le président ivoirien a bénéficié de la reconnaissance éternelle de l’Angola. Alors, si jamais il devait quitter le pouvoir -vivant-, c’est dans ce pays que Gbagbo ira se la couler douce, avec l’assurance ferme de ne jamais être inquiété ni par les tribunaux africains encore moins par la justice des Blancs –les tribunaux internationaux. Avec son homologue gambien, par contre, c’est autre chose : c’est la haine de Wade qui les a liés et leur amitié est née après la naissance de la rébellion ivoirienne des Forces Nouvelles. Oui Wade a essayé de faire tomber Yaya Jammeh à deux reprises : en 2002 et 2006. Il l’a dénigré partout et a parrainé les rebelles ivoiriens pour faire tomber Gbagbo Laurent. C’est de bonne guerre que ces deux là réagissent ensemble pour parrainer le rebelle de chez Wade, Salif Sadio. Quand j’ai publié un papier sur cette affaire en 2006[1], j’ai été traité de pyromane. Le premier à avoir réagi à mon article a été Ousmane Tanor Dieng. Il m’avait, à l’occasion, traité de manipulé. Il a été encouragé dans ses dénégations par de nombreux chasseurs en eaux troubles comme Latif Aïdara, l’ancien formateur pédagogique des combattants du MFDC avant de les trahir et d’être confortablement installé au palais[2]. Mais aussi et surtout par des journalistes aux ordres. L’histoire m’a donné raison grâce, surtout, à Mamadou Koulibaly qui a convoqué la presse à Abidjan pour avouer «leur crime». Pour comprendre jusqu’où ira Laurent Gbagbo, il faut essayer de comprendre le parcours et la mentalité de l’homme: c’est un enfant naturel né d’un géniteur Malinké saisonnier et l’enfant a grandi sans père, même si Koudou Paul -son père légal qui est de onze ans son ainé-, épousera sa mère plus tard. Chez lui, un enfant sans père est une honte, il est très souvent noyé dans la lagune: il est issu de l’ethnie Bété. Ce peuple guerrier et solidaire a toujours été stigmatisé en Côte d’Ivoire, on lui a attribué mille et uns péchés et Henry Konan Bédié au temps de sa superbe, dans son livre –Les chemins de ma vie- dit de lui que : «c’est un peuple paresseux, danseur de tam-tam et applaudisseur.» Contre lui, et pour le mater, Houphouët Boigny a envoyé des escadrons de militaires. Les opérations conduites par le capitaine Ouessénan Gaston Koné, aujourd’hui général et député à l’Assemblée nationale auraient, selon des historiens comme Gbagbo, fait plus 6000 morts: le massacre du Grébié. Le leader historique de ce mouvement régionaliste, le PANA, –Gragbé Niagbé- qui le premier a osé défier Houphouët Boigny a disparu mystérieusement, enlevé par des militaires. Et les Bété n’ont jamais pardonné son assassinat à Nanan Boigny. Comme Soundjata Keïta l’empereur du Mandingue –sur qui il a d’ailleurs écrit un livre-, Laurent Gbagbo veut laver les affronts subis par sa mère et par son peuple. Malgré de nombreuses tentatives d’hommes issus de son ethnie, il est le premier, le seul garçon de son peuple à avoir réussi à se hisser à ce stade de l’exécutif de son pays. Il en est tellement conscient et jaloux de ce miracle qu’il a, un jour, répété devant des téléspectateurs médusés: «les larmes de mon peuple doivent sécher, maintenant c’est notre tour de diriger». Très ancré dans sa culture et par souci de rester dans les mémoires collectives, comme le seul garçon valeureux du pays des Fromagers -faute d’être celui de la Cote d’Ivoire-, il a martelé que: «le vrai chasseur, c’est celui qui revient à la maison avec le gibier.» Donc lui. Le pouvoir aussi est, à ses yeux sa propriété, puisqu’il répète à tout vent qu’il n’est pas question qu’il abandonne ce pouvoir pour lequel il a consacré sa vie. Ce n’est pas pour l’argent qu’il s’accroche au pouvoir, mais pour le privilège d’être considéré comme un chef. C’est le seul président de Côte d’Ivoire qui se promène au volant de sa voiture à la Princesse de Yopougon, mange avec la main, a une blague pour tout le monde et rigole avec tout le temps. Il n’a pas de comptes bancaires à son nom, il ne dilapide pas les deniers publics de son pays et sa famille, en dehors de Simone Ehivet Gbagbo qui est sa camarade de lutte, ne s’implique pas dans la gestion des affaires publiques. Ses enfants Michel Gbagbo, né de son premier mariage avec une française, comme ses jumelles issues de son ménage avec Simone sont discrets et effacés. Les sanctions du monde entier n’y feront rien, Laurent Gbagbo est un garçon, un vrai et il ne reculera pas devant la mort. Pour lui, «lorsque vous arrivez dans un village désert, avec des arbres déracinés, l’herbe piétiné et que vous apprenez que c’est un garçon qui est mort ici: il faut savoir qu’il s’est battu corps et âme et qu’il a été vaincu. Mais il ne s’est jamais laissé faire». Bacary Touré Journaliste écrivain Auteur de Côte d’Ivoire violences d’une transition manquée, (édition l’harmattan 2007.)
[1] Crise Casamançaise, Gbagbo récupère Salif Sadio, paru dans l’Observateur. [2] Par amour et par devoir, commentaire paru dans l’Observateur.
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Le malin (ruse) Gbagbo est le mal de la
Annonyme
ou bien tu es de très mauvaise foi.
Devrait-on rafraîchir ta cervelle? Eh bien on y va.
Le 23 Octobre 2000 le chef de l’État GUEI ayant intercepte 17 cars sur 66 a la sortie de la ville d'abidjan gesco en partance pour la région bete après avoir déjà votée dans leurs régions respectives puis illégalement a Abidjan. Guei a fait arrêter la mascarade.
La cours constitutionnelle e donc déclarer Guei vainqueur immédiatement puis a procédé a son investiture.
Gbagbo alors réfugié a l'ambassade de France, au lieu de faire recours aux textes par la cours suprême, a en toute illégalité, demandé au peuple descendre dans la rue ( seule capacité de gbagbo a diriger un pays).
Guei tenait encore la situation en main.
Le 24 Octobre 2000 ADO depuis sa résidence a demandé a ses partisans de se mêler a la danse pour faire reprendre les élections compte tenue de ce qu'elles sont entachées de flagrantes irrégularités constatées par le conseil constitutionnel.
Le 24 Octobre 2000 la sagesse a animé GEUI après qu'il ait survolée la ville en hélico. Il a décidée d'abandonner.
Le mémé 24 Octobre l’évêque Bernard Agre avait donc arraché le pouvoir entre les mains de GUEI pour le rendre a Gbagbo, qui, même avant son investiture, dit a l'armer de mater tout fauteur de troubles. Mais ses partisans n’étaient pas pour lui des fauteur de trouble mais plutôt ceux d'ADO; conséquence 2 jours après soit le 26 Octobre 2000: découverte du charnier de 52 corps, le premier de toute l'histoire récente de notre belle Cote d'Ivoire.
Ecrit par: Ble Placide | 12/06 09:00AM
ni equdistant ni pasiionne
le fait de ne pas etre ivoirien ne garanti ni l'objectivite ni la justesse de vos propos et d'une maniere generale je constate avec tristesse -ou estce une tare des journalistes -que vous avez tendance a confondre les faits et votre propre interpretation et que vous commettez un grand nombre d'erreurs souvent devastatrices (cf le commentaire precedent sur le nb de presidents)lorsqu'un propos commence de la sorte comment denouer le vrai du faux dans le reste du texte ;je remarque egalement que vous avez fait une longue diatribe a charge et uniquement a charge contre gbagbo et a peine uun mot a propos d'alassane; que vous a t il donc fait ce gbagbo ! decidement !a force de tirer a boulet rouge sur lui il nous devient de plus en plus sympatique
Ecrit par: anonyme | 27/12 12:39AM
5 présidents
Vous parlez de la cote d'ivoire mais vous dites : "Quoi que l’on puisse dire ou penser de ce pays, il est le seul, en Afrique de l’Ouest, francophone à avoir connu le plus grand nombre d’alternances profondes à la tête de son Exécutif. En cinquante ans d’indépendance, le pays d’Houphouët a vu passer 5 présidents" je vous retourne au Bénin où il y en a eu quand même 18!!! alors rendons à César ce qui appartient à César! et jamais de guerre ni de dispute pour conserver le pouvoir!!! ce pays, mine de rien, avance et se modernise peu à peu! Merci d'en tenir compte!
Ecrit par: manvussagerald | 23/12 11:56PM
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