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«Il n'y a que deux attitudes devant une dictature: se résigner ou se révolter. Toutes deux exigent la même liberté et la même lucidité. Malheureusement, nos révoltés sont encore et toujours beaucoup trop résignés, et nos résignés beaucoup trop révoltés.» Julien Torma Aussi savants que paraissaient les agents de renseignement et autres observateurs de la géopolitique, personne n’avait imaginé, ne serait qu’un instant, que ces gouvernements oligarchiques, qui ont inspiré Abdoulaye Wade et l’ont laissé croire qu’il pouvait se faire succéder par son fils, allaient finir ainsi dans le déshonneur: faibles et vulnérables devant la volonté de la rue. Zin El Abédine Ben Ali a fui sa Tunisie, comme un vulgaire voleur. Et le monde occidental, la France en premier, qui croyait voir en lui l’obstacle à l’orgue islamiste parle de lui comme un dictateur, un potentat, un voleur sans vergogne. Hosni Moubarak, le président égyptien, qui était considéré comme le meilleur allié de l’Occident et le seul «ami d’Israël» dans le monde arabe, est quant à lui peint sous les traits d’un monarque autocratique, coupé des réalités de son peuple et décidé à se faire succéder par son fils Gamal; un incapable notoire. Et si tout cela a été possible en un mois, ma conviction est qu’il ne faut jamais désespérer d’un peuple, aussi docile, aussi moutonnier qu’il puisse paraitre. Il suffit d’un fil conducteur pour mettre le feu au baril. Avant que le vent de la Révolution ne souffle sur le monde arabe, la Tunisie était considérée comme la Suisse du Maghreb et les cartes postales en provenance de ce pays faisaient croire que personne n y avait faim. Du Caire aussi, rien d’inquiétant ne pointait à l’horizon et le «Commandeur des Croyants», Hosni Moubarak, paraissait protégé par les milles et unes prières dites en sa gloire par les Oulémas d’Al-Azar, le plus grand centre de l’islam sunnite. Avant eux d’autres dictateurs se croyaient sous la protection de forces mystiques avant de se rendre compte de l’évidence que la seule force éternelle reste le peuple. L’immolation de Yann Palack, en Roumanie, a causé la perte du génie des Carpates, Nicolae Ceausescu. Ben Ali a pris ses jambes à son cou, simplement, parce que Mohamed Bouazizi, un jeune de 26 ans, vivant à Sidi Bouzid, une petite ville de province, s’était immolé par désespoir. Abdoulaye Wade aurait, si l’on en croit la presse, déclaré que ses marabouts sont plus forts que ceux de ces rais contestés par leurs peuples respectifs. Un esprit simple peut facilement croire de tels discours neuneu comme en ont tenu, avant Wade, de nombreux autocrates à des gueux rassemblés en leur honneur. Quand on sait que lui, Wade, a fait tuer Me Babacar Sèye, a assisté, passif, à l’immolation de Penda Kébé à Rome, à celle de Kéba Diop devant les grilles du palais sans que ces actes abominables ne conduisent à la chute de son régime, on peut être amené à le croire. Mais, ma conviction est que la volonté populaire est plus forte que les incantations des marabouts; surtout quand le citoyen prend conscience que les tenants du pouvoir temporel complotent avec les marabouts pour mieux l’affamer. Après les avoir discrédité, le chef de l’Etat sénégalais va causer la fin du respect voué aux familles religieuses. «Un homme affamé est un homme en colère» a dit Bob Marley. Et un homme en colère ne reconnait aucune autorité, fut-elle spirituelle. Le vent de la révolution qui souffle sur le monde n’épargnera pas le Sénégal et personne ne pourra aller contre la volonté de mon peuple le faire comprendre à Wade et à sa suite, c’est leur tenir un langage de vérité. Abdoulaye Wade est un homme fini, il doit s’en aller, de gré ou de force. Mais nous préférons, pour le bien du Sénégal, qu’il parte dans la douceur. Et pour cela, il est de notre devoir à nous tous, à quelle que échelle que nous nous trouvons de nous atteler à cette tâche. Si nous n’agissons pas, ici et maintenant, nous serons responsables de ce qu’il adviendra de notre destin, de celui de nos enfants. Aux nombreux compatriotes avec qui j’ai souvent échangé sur la situation du pays et qui pensaient –vu les infrastructures réalisées à Dakar- qu’il serait préférable de confier, encore, le Sénégal à un Wade complètement sourd aux plaintes de ses concitoyens, j’ai posé ces questions toutes ordinaires: vous seriez un chef d’entreprise, auriez-vous recruté un homme de 90 dans votre boite? Vous seriez malade, auriez-vous confié votre cœur, pour une opération chirurgicale, à un médecin de 90 ans, même si c’est le meilleur des praticiens? Qui parmi nous accepterait de prendre place à bord d’un bus conduit par un vieillard pour un long voyage? Eventuellement personne n’a voulu de mon vieillard pour tous ces actes qui relèvent, pourtant, du quotidien. Quels que soient notre appartenance politique, notre amour ou notre dépit des Wade, nous convenons tous que personne, parmi nous, ne confierait des responsabilités de gestion à un vieillard; même celle de la dépense quotidienne à la maison. Alors comment peut-on vouloir confier le sort de plus de 15 millions d’individus à un homme qui, à en croire le Docteur Mame Marie Faye, en plus de l’âge qui constitue en lui seul une maladie, souffrirait des pathologies A, B, C et D? Un Karim Wade à la place de son père est une insulte à l’intelligence des Sénégalais que nous sommes. Et c’est un précédant dangereux pour notre jeune démocratie que voulons voir grandir. En plus de nous avoir montré ce dont il est capable avec la dilapidation, à outrance, de nos maigres ressources –son partage des fonds de l’Anoci avec Abdoulaye Baldé, la mise à mort des ICS, la Lonase, la ruine de la Sénélec avec son ami Samuel Sarr etc.- l’homme est méprisant, condescendant et haineux. Accepter de faire de lui le remplaçant de son père, ne serait-ce qu’au Secrétariat général du Pds, c’est vouloir instaurer une monarchie mafieuse au Sénégal. Et nul besoin de dire que c’est imposer aux Sénégalais une famille qui ne reculera devant rien pour s’imposer à nous Ad-vitam aeternam. Elle fera pire que les Ben Ali et Moubarak réunis pour s’imposer aux Sénégalais. Les Wade faut-il vous le rappeler, nous ont montrés qu’ils n’ont de considération que pour eux-mêmes. C’est dans cette optique que le vieux a confié plus de quatre ministères –et pas des moindres- à son seul fils et donné l’organisation du festival à sa fille, Sindjély. Pour eux, les 15 millions de Sénégalais que nous sommes, ne sommes que des sous-hommes, génétiquement incapables de devenir intelligents. Nous devons leur prouver le contraire, en sanctionnant lourdement leur père en 2012. Autrement, c’est ma crainte, nous accomplirons la volonté cachée d’Abdoulaye Wade -mourir au pouvoir et avoir des obsèques nationales- et assister à la bataille, sans pitié, de ses héritiers –Idrissa Ndioublang Seck, Macky Sall, Karim Wade- dont nous connaissons la vraie nature. C’est pour l’avoir compris que mêmes les plus ardus des défenseurs du Sopi se sont résolus à accepter ce qui leur paraissait inimaginable il y a quelques années: Wade est une menace pour la stabilité du Sénégal. Une fois que la question Abdoulaye Wade est définitivement résolue –puisque même la nature s’oppose à ce qu’il se représente à l’élection présidentielle- il est urgent de trouver de nouveaux leaders parmi les nombreux valeureux fils du Sénégal; des hommes et des femmes aux mains propres, au passé rassurant, travailleurs, honnêtes et patriotes. Ce sera notre manière, à nous Sénégalais, de nous révolter contre nos despotes; c’est le seul vrai et grand service que nous puissions rendre à notre cher Sénégal. Bacary Touré
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Vive la révolution
Il n y a pas que Toure qui soit aigri, c'est tout le Senegal qui vous emmerde et vous hait alors allez vous en sinon ce qui est arrive a la place Tahrir au Caire arrivera a Dakar. Vivement notre tour.
Ecrit par: Oumar sarr | 04/02 10:24AM
Mechanceté
Ton article est nul et montre un coeur aigri
Ecrit par: Mouvement Vigie | 03/02 09:59AM
A quand celle sénégalaise
J'ai bien lu votre pertinent article, grand, et je suis un peu déçu de savoir que vous tous qui auriez pu guider les jeunes, vous -qui nous avez en 1997, lors de ces fameuses longues grèves, montré que la rue était capable de vaincre les régimes aussi sanguinaires et aussi sinueux qu'ils puissent paraitre,ayez décidé de vous exiler, loin de Galsen et ses misères. Touré, pour moi tu dois rentrer et venir mener ton combat au Sénégal, je t'ai suivi depuis le Cem Malick fall de Ziguinchor où tu étais mon ainé et je t'ai encore suivi quand tu nous gavais d'articles de faits divers et d'enquêtes policières dans les colonnnes de l'Obs mais aussi et surtout quand tu t'es attaqué à la Sénélec et à samuel quand personne n'osait le faire, au péril de ta vie. Je t'ai suivi et je crois en toi, c'est pouurquoi je t'implore à rentrer et à nous montrer la voie de la révolution.
Ecrit par: Gueye Ousmane | 03/02 02:09AM
du concret
j'ai lu votre pertinent article mais il nous du concret tout un chacun est conscientr de la situation du pays mais il nous faut un declencheur il faut inciter le peuple a rompre ce silence.les senegalais sont plus fatigué que les tunisien ou egyptien.l'heure de la revolte doit sonner
Ecrit par: abdoulaye niang | 02/02 07:39PM
Vive la revolte
C'est avec beaucoup de plaisir que je retrouve le patriote Bacary Toure toujours égal a lui même . Qu'il le veuille ou non cette famille de merde s'en ira. Nous aussi on aura notre révolution.
Ecrit par: Diagne | 02/02 07:36PM
Education
Merci infiniment pour cette contribution riche de sagesse et d'enseignements. A chacun sa revolution. S'il est vrai que l'exemple magrebien ne laisse pas indifferent tout au moins il interpelle notre conscience a penser une facon originale de faire partir Wade et ses politiciens peu soucieux de l'Interet national et l'avnir du senegal. La conscience en est a sa maturite. Seulement elle tarde par peur pour le peuple de s'assurer une equipe de substitution capable et engagee. A l'heure il reste urgent de s'atteler a la manufacturation de cette equipe autant parmi les valeureux membres de notre societe restes au pays qu'a ceux vivant dans la Diaspora.
Ecrit par: Mansour | 02/02 07:07PM
Bagn ba déé
Le plus déplorable c'est le fait que des vieux qui se sont battus pour le PDS se résignent à se plier derrière, un fils à papa qui ne sait que transférer des fonds parce qu'ils n'osent pas dire non, parcequ'ils fait leur poche.
Toute la compétence de Karim c'est de transférer les maigres sous du contribuable sénégalais.
Ecrit par: Faye | 02/02 12:40PM
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