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Dans quatre mois, le Sénégal indépendant aura cinquante deux ans révolus. Il appartiendra à chacun d’entre nous d’apprécier les efforts de développement constatés jusqu’ici par rapport aux effets des maux qu’il déplore. L’objet de ce message que nous délivrons est de disperser les nuages de craintes qui menacent le déroulement correct de l’élection présidentielle.
Aujourd’hui le Sénégal retient son souffle, et le monde avec lui, en attendant le verdict du Conseil constitutionnel qui devra se prononcer sur la validité ou non de la candidature du président de la République Maître Abdoulaye Wade.
Beaucoup d’observateurs prédisent que la violence atteindra son paroxysme à l’issue de ce verdict décrit comme un couteau à double tranchants. Même s’il n’y aura qu’un feu de paille, il ne faudrait pas négliger les menaces que profèrent certains si jamais la candidature du président Wade est validée.
Par ailleurs, si cette candidature est invalidée, le réveil risque d’être brutal pour beaucoup et les réactions imprévisibles voire explosives.
S’il est compréhensible que l’on ne cède pas facilement aux exigences d’un adversaire surtout quand il ambitionne de vous remplacer, rien ne saurait justifier pour un leader aussi charismatique ou adoré qu’il soit, d’entrainer ses hommes vers un suicide collectif.
Le Sénégal est le précurseur du multipartisme et le porte-étendard de la démocratie en Afrique. Rien ne saurait nous déloger de cette station qui fait notre admiration de par le monde.
Ainsi devrions-nous faire preuve de retenue et savoir raison garder.
Pour toutes ces raisons, nous proposons deux solutions de sortie de crise et invitons tous les candidats à l’élection présidentielle à accepter une solution apaisée, gage de la tenue d’élections transparentes, libres et démocratiques:
Solution I) : Trouver un consensus avant le verdict du Conseil Constitutionnel
1. Nous demandons à l’opposition d’être moins rigide quant à ses deux exigences à savoir le non report des élections et le retrait sans condition de la candidature du président, Maître Abdoulaye.
2. Nous demandons au président d’être plus souple sur sa position compte tenu de son statut de panafricaniste et de pionnier de la démocratie. La volonté divine a fait qu’aujourd’hui, seul le Conseil constitutionnel est en mesure de lui ôter cette prérogative de présenter sa candidature. Mais il lui est tout aussi loisible de se retirer s’il trouve que c’est une carte qui peut sauver le Sénégal. Cependant, s’il fallait le faire, il nous paraît plus raisonnable de bénéficier d’un report des élections ne serait-ce que de quelques mois pour éviter de sacrifier tout un parti et ses électeurs.
3. Les autres candidats sont invités à accepter des conditions d’accompagnement à même de garantir la paix avant et après les élections.
4. ) Si les candidats ne s’accordent pas sur ces points, nous proposons l’application de la solution II.
Solution II Attendre le verdict du Conseil Constitutionnel
1. Nous demandons à tous les candidats de s’engager publiquement en leur nom personnel et au nom de leur parti ou coalition à accepter et à respecter la décision du Conseil constitutionnel.
2. Le Conseil constitutionnel en qui nous avons confiance est invité à prêter une oreille attentive aux suggestions de l’Union des magistrats du Sénégal : Lire le droit rien que le droit pour être en phase avec leur serment.
Dans la mesure où l’on ne peut pas fermer toutes les portes qui mènent vers la démocratie et la paix et se réclamer patriote, tout candidat, qui qu’il soit, qui ne saurait satisfaire ou souscrire à ces voies de sortie de crise, sera considéré de fait comme source de troubles à même d’empêcher le déroulement correct des élections.
Ces dispositions auront pour avantages :
- D’apaiser la tension
- D’évacuer l’intenable pression qui pèse sur les membres du Conseil constitutionnel
- De préparer les élections dans une atmosphère sereine.
- De ramener la confiance des investisseurs et d’éviter le blocage de l’activité économique du pays durant cette période,
- De permettre à la mouvance présidentielle de proposer une nouvelle candidature choisie en son sein ou dans le cadre d’une nouvelle coalition, au cas où la candidature de Wade serait retirée ou invalidée.
- Donner une chance égale à tous les prétendants au fauteuil présidentiel.
Nos sommes convaincus qu’une acceptation de ces propositions pourrait nous éviter des situations d’instabilité et de crise. Si nos acteurs politiques trouvent un compromis dans ce sens, ce sera l’occasion pour notre cher pays d’installer un autre fils sur les plus hautes marches de l’histoire du continent africain.
Chers candidats, au nom de votre amour proclamé pour le pays, méditez sur l’histoire de ces deux femmes qui se disputaient avec force la maternité d’un enfant. Quand le bébé était sur le point d’étouffer, le roi Salamon ordonna qu’on le découpe en deux, pour les départager. Alors que l’une attendait fermement l’exécution de la sentence, l’autre renonça et dit «:Qu'on lui donne l'enfant, qu'on ne le tue pas ! ». Ce geste était suffisant pour révéler au roi l’identité de la vraie maman.
Le temps qui nous reste est très court mais nous avons confiance au patriotisme des Sénégalais et à leur capacité à se retrouver sur l’essentiel.
Notre mot de la fin sera de prier pour une issue heureuse des joutes électorales et que le Sénégal et les Sénégalais sortent vainqueurs.
Cheikh BambaDioum bambadioum@yahoo.fr
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