blog de cheikh bamba dioum
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CRISE ELECTORALE : L’UNIQUE SOLUTION ?
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Après la validation de la candidature du Président Abdoulaye Wade par le Conseil Constitutionnel, nous entrons dans la phase active de la crise électorale. L’opposition met en branle sa stratégie de contestation à travers de grands rassemblements et des grèves cycliques pour paralyser le pays et contraindre le président à  retirer sa candidature  tout en maintenant l’échéance électorale du 26 février 2012. Pour le président et son équipe, convaincus que la victoire est si proche, il n’est pas question de lâcher prise.


Nous avons toujours soutenu que la solution à la crise électorale est bien en dehors de ces deux logiques jusqu’au-boutistes. L’opposition doit se résoudre à comprendre qu’elle aura beau campé sur cette position qu’elle baptise de « résistance », elle n’arrivera jamais à faire fléchir le Président dans ces conditions. Si elle persiste à vouloir occuper la rue  avec ses lots de blessés et de morts à verser sur le dos du régime, elle n’ira pas en campagne électorale et laissera la part belle à son adversaire. Si elle  s’abstient de participer, elle aura réitéré son erreur fatale  des élections législatives  de 2007. Si elle finit par battre campagne contre Wade à partir du 5 février, elle aura perdu un combat, celui du retrait forcé de Wade accusé d’avoir violé la Constitution.


La mouvance présidentielle obnubilée par la détermination fougueuse et hermétique  de son opposition, reste sourde aux appels les plus salutaires.


 Chers compatriotes, l’heure est grave et l’étau se resserre de plus en plus autour du Sénégal. Notre marge de manœuvre pour éviter le chaos  s’approche du nul. Ayons le courage et l’humilité de nous asseoir et de discuter sur la solution de sortie de crise que nous ne cessons de suggérer partout : «Le report des élections de quelques mois afin de permettre à la mouvance présidentielle de proposer une nouvelle candidature après le retrait du Président de sa candidature».


Cette ultime solution que beaucoup ne veulent pas entendre est à notre avis l’unique alternative en dehors de celle qui consiste à aller aux élections le 26 février avec la liste des quatorze candidats validée par le Conseil constitutionnel.


Pour ceux qui douteraient toujours de la pertinence de cette solution, nous vous invitons à lire cette interview du constitutionnaliste, le professeur Babacar Gueye extraite du journal « Le quotidien » du lundi 30 janvier 2012 et à relire mes articles parus dans la presse* ».


Interview du professeur Babacar Gueye constitutionnaliste :


« La candidature de Abdoulaye Wade a été validée par le Con­seil constitutionnel. Au­jour­d’­hui s’il démissionne de ses fonctions de Président, quelles pourraient en être les conséquences ?
Si Wade démissionne de son poste de président de la République et maintient en même temps sa candidature, c’est le président du Sénat qui va prendre le poste de Président par intérim. Dans ce cas, on n’a pas besoin de reporter les élections. Le scrutin peut se tenir le 26 février comme prévu. Quoique dans les textes, on dit que si le président de la République démissionne, le président du Sénat prend le pouvoir pour organiser les élections entre 60 et 90 jours. Mais là, on ne peut pas attendre 60 à 90 jours parce qu’on est dans une situation particulière qui est la situation préélectorale.

Et s’il retire aujourd’hui sa candidature, même après validation…

C’est une autre possibilité. S’il décide, de sa propre initiative, de retirer sa candidature. Il n’est plus candidat. Dans ce cas ce qui va se passer, c’est que, certes, il va continuer à être président de la République jusqu’au 3 avril ; ensuite la liste des candidatures sera réouverte. Tous les citoyens sénégalais qui remplissent les critères pour être président de la République pourront déposer leur candidature, postuler jusqu’à la veille du jour du scrutin. C’est-à-dire jusqu’au 25, veille du scrutin. Le Conseil constitutionnel va recevoir ces candidatures et va fixer une autre date pour les élections. Dans ce cas, les élections feront l’objet d’un autre report.

Dans ce cas, il y a la possibilité pour son parti de choisir un autre candidat. C’est comme si on remplaçait Wade par un autre de sa coalition. C’est possible ?
Oui c’est possible ! Si Wade démissionne en tant que candidat, il est effectivement permis à son parti d’investir quelqu’un d’autre jusqu’à la veille du jour du scrutin. Le parti aura la possibilité de choisir quelqu’un d’autre en qui il a confiance au sein du parti ou de la coalition, pour se présenter à la place de Wade.
 »


Arrêtons ce tournant macabre de la phase préélectorale et mettons-nous, opposition, pouvoir et société civile, autour d’une table pour entrevoir les conditions d’un report et d’une proposition d’une nouvelle candidature de la mouvance présidentielle.  Ce report pourrait alors aboutir à un couplage des élections présidentielles et législatives.


 Nous demandons aux uns de suspendre les manifestations et aux autres d’appeler sans attendre au dialogue.


A l’opposition, nous disons qu’à la lecture de l’interview cet éminent constitutionnaliste que nous venons de citer, sa proposition de retrait de la candidature du président Wade s’accompagne obligatoirement de l’ouverture d’une nouvelle liste et du report des élections. Ce retrait donnera aux recalés par le Conseil constitutionnel que sont Youssou Ndour,  Keba Keindé et le Professeur Sarr, une nouvelle chance pour rebondir.


A la mouvance présidentielle nous osons dire que si Wade se retire, elle augmente ses chances de gagner les élections pour deux raisons :


1)    Son remplaçant bénéficiera  du report automatique de toutes les voies  initialement destinées au président,


2)    Enfin, le soulagement qui résultera de cette solution d’apaisement engendrera forcément une nouvelle sympathie et de nouvelles voies pour son camp.


Chers candidats, si vous vous arcboutez sur vos positions respectives, le futur président entrera à coup sûr au palais de la République en marchant sur des cadavres.


Cheikh Bamba Dioum


bambadioum@gmail.com


*« Suggestion aux candidats pour une élection apaisée » (Walfadjri du 17 janvier) et «Le report de la Présidentielle,  ultime solution pour sauver le Sénégal » (« La Tribune » du mercredi 25 janvier), « Du Rêve au report de la Présidentielle » Tribune du vendredi 27 janvier.


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