Frédéric Tendeng est journaliste et actuel Coordonnateur de la Rédaction du quotidien sénégalais KOTCH appartenant au groupe Psp, éditeur des magazines NOUVEL HORIZON et THIOF. Il a aussi été Rédacteur en Chef de la radio Sud Fm Banjul jusqu'en Octobre 2005, lorsque le Président Abdoulaye Wade ordonna aux autorités Gambiennes de fermer cette radio dont l'indépendance et la critique objective des premières dérives du Sopi devenaient gênantes. 

Aujourd'hui, Frédéric est le cofondateur et Chef du Desk Sénégal du journal en ligne www.jollofnews.com qui est un outil d'information et d'éducation au service de la Sénégambie et de la CEDEAO.

Auparavant, il était sous rédacteur en chef du quotidien national gambien Daily Observer avec lequel il a notamment couvert le naufrage du bateau Le Joola où officiellement 1863 personnes furent tuées. 

En 2006, Frédéric Tendeng a été le rédacteur en chef  de la radio Xfm Mbour et du bihebdomadaire du groupe de presse privé Xew-Xew Communications dont il s'est séparé en 2008 pour travailler en indépendant.



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Antonio Injai veut exiler Zamora Induta
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Les non-dits d’une libération

Antonio Injai veut exiler Zamora Induta à Dakar

Par Frédéric Tendeng

Une nouvelle étape a été franchi en cette fin d’année dans le cycle infernal de compromis entre le pouvoir et les militaires en Guinée-Bissau suite à la libération Jeudi dernier de Zamora Induta. L’ancien chef d’état major général des armées de ce pays situé à la frontière Sud du Sénégal pourrait bientôt se retrouver à Dakar au terme des conciliabules qui se poursuivent à Bissau entre militaires et politiciens.

La libération de Zamora Induta, confirmée seulement la veille de Noël, intervient trois mois après que le tribunal militaire de Bissau a déclaré illégale l'arrestation de l'ancien CEMGA, détenu depuis le coup de force militaire du 1er avril dernier. Antonio Injai, le cerveau de ce coup devenu maintenant patron de l’armée bissau-guinéenne, accusait alors Zamora Induta de fractionnisme, d’enrichissement illicite et d’implication dans les assassinats du Président Joao Bernardo Vieira et du Général Tagmé Na Waié. Entre la décision du tribunal militaire ordonnant la libération de Zamora Induta et l’effectivité de l’application de ce jugement, trois mois de bras de fer, de négociations, de rebondissements et de conciliabules se sont écoulés au cours desquels le Président Malam Bacai Sanha, les responsables de la junte militaire avec à leur tête Antonio Injai et les partisans du Premier Ministre Carlos Gomez Junior ont chacun tenté de faire valoir leurs intérêts, loin d’être forcément ceux de la Guinée-Bissau. Au finish, c’est le Président Malam Bacai Sahna et la junte militaire qui ont lâché du leste non sans avoir fait valoir auparavant leur partition  dans ce jeu de yo-yo. Ainsi, après sa libération, le Sénégal pourrait bientôt être sollicité afin d’accueillir l’ex CEMGA Zamora Induta, officiellement pour soins médicaux. En effet, Antonio Injai, son ami l’Amiral Bubo Na Tchuto revenu aux affaires et les caciques de la junte militaire voient d’un mauvais oeil une mise en liberté qui offre à Zamora Induta une autonomie d’initiative alors qu’il garde intacte une grande sympathie dans les rangs de l’armée et au sein du le milieu diplomatique en fonction à Bissau comme le témoigne la sortie de l’ambassade américaine suite à sa libération. D’autre part, les proches de l’ex CEMGA craignent pour sa sécurité puisque n’étant plus considéré comme un fonctionnaire de l’armée, son domicile à Bissau n’est plus protégé par la sécurité publique.

Cette façon de fragiliser l’ancien CEMGA fait parti d’une série de conciliabules et de compromis avec comme ultime objectif de sauver la tête de chacun des acteurs de l’impasse politico militaire bissau-guinéen. C’est ainsi qu’auparavant, le Premier Ministre Carlos Gomes Junior a accepté, contre sa volonté, de nommer Dinis Na Fantchamena, son adversaire déclaré et proche de Malam Bacai Sanha au poste stratégique de Ministre de l’Intérieur. Ce qui renforce le Président dans son bras de fer politique avec son Premier Ministre. Malam Bacai Sanha et les militaires qui son maintenant assurés de contrôler la police et les renseignements généraux acceptent en retour la libération de Zamora Induta. En réalité, Antonio Injai l’actuel homme fort de l’armée bissau-guinéenne et son ami Bubo Na Tchuto ont toujours tiré les ficelles pour s’assurer que Zamora Induta ne va plus constituer une menace sur leur pouvoir.

Alors qu’il était aux commandes de l’armée, l’ex CEMGA craignant une déstabilisation de son pays avait contraint Antonio Injai à faire des aveux signés sur son implication dans le trafic international de la drogue en Guinée Bissau. On connaît la suite. En revanche, les officiels bissau-guinéens ne disent pas que parallèlement à la sortie de Zamora Induta, d'autres soldats arrêtés pour leur implication présumée dans la mort du Général Tagmé Na Waié et du Président Nino Vieira ont été également libéré le même soir que Zamora Induta. Manuel Mina, l’artificier présumé de la bombe qui a tué  Tagmé Na Waié ainsi que les militaires Pomba Branca et Malam Candé présumés transporteurs du même engin explosif ont tous été libéré en même temps que Zamora Induta. La coïncidence plus que troublante de ces libérations inquiète au plus haut niveau des responsables de la communauté diplomatique à Bissau. En effet, si la libération de Zamora Induta a été exigé par la communauté internationale pour manque de preuves, les trois soldats arrêtés suite à la mort de Tagmé Na Waié ont quant à eux avoué leur implication dans cet assassinat.

L’on craint ainsi que ce dernier compromis entre acteurs politiques et militaires bissau-guinéens sonne le glas de l‘issue de l’enquête sur le double assassinat de Nino Vieira et de Tagmé Na Waié. Tout semble donc indiquer une nouvelle fois que l’exercice de la justice en Guinée Bissau échoue toujours face lubies militaires et politiciennes de ceux qui dirigent ce pays.

fredcikaw@gmail.com

 

 


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