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Senelec arnaque et éprouve la capacité d’indignation des sénégalais
Frédéric Tendeng Les coupures d’électricité ont la particularité de faire l’unanimité sur leur caractère épouvantable à tout point de vue. Ce sont toutes les sphères des administrés au Sénégal qui haussent le ton. Quelque soient les explications et les justifications hyper sophistiquées sur les raisons des coupures, le cri du cœur est le même : le peuple veut du courant et le fait savoir. Qu’importe ! À défaut de solutions immédiates et à la place du courant, Karim Wade, Senelec et leurs valets distribuent les supplices des coupures à leurs abonnés, signe d’une volonté d’imposer une logique mécanique de l’usure voire de l’amnésie comme parades à la normalité. Et comme le sénégalais endure toujours les souffrances, il rouspète, fait dans la débrouillardise et paie à contrecoeur une facture bimestrielle lourdement estimée par des cadres d’une société qui a failli à tout bout de champ dans sa mission de service public. Mieux, Senelec verse dans la surenchère et fait de l’arnaque à volonté sur les pauvres abonnés sans défense de ce pays qui n’ont de tort que de vouloir faire usage d’une électricité dûment sollicité à la suite d’un contrat qu’ils honorent de gré ou de force. En revanche, Senelec ne respecte jamais ses obligations contractuelles, ne fournit pas le courant à la manière convenue dans le contrat, inflige des dommages économiques et matériels en toute impunité, encaisse doublement l’argent du contribuable et celui (toujours plus salé) des abonnés, puis prive carrément l’électricité à ceux qui commettent l’indélicatesse de passer outre ce système de collecte de fonds indus. Ce qui est un paradoxe apparent affiché de façon ostensible et qui matérialise la schizophrénie de ceux qui ont en charge le dossier de l’énergie au Sénégal. Pas surprenant que plus de 800 milliards de francs à l’odeur de Ribba soient incapables d’offrir un début de solution à cette gangrène qui empoisonne le développement national. Au même titre qu’ils s’intéressent aux audiences polémiques de télévisions et autres radios opérant au Sénégal, les instituts de sondages gagneraient plus à s’intéresser à des enquêtes dans ce sens pour offrir davantage d’outils scientifiques à l’opinion, aux acteurs économiques et à la postérité. Ceci est urgent puisque le peuple moyen, incapable de s’offrir le luxe d’acheter un générateur électrique, est scandalisé et martyrisé alors que Karim Wade maintien sa propension à s’infliger une rigueur cartésienne la plus finie au gré de ses tentatives de subversion inlassablement avortées. Il signe des accords, des conventions et des prêts çà et là puis propose ses solutions miracles jusqu’ici restées sans suites. C’est à croire que Senelec éprouve sans cesse la capacité impressionnante d’indignation des sénégalais lesquels semblent être anesthésiés malgré eux, face à l’incompétence et à l’inertie de l’équipe que dirige un fils de président, ministre de son père en exercice et ingénieur financier justement incapable de mobiliser des fonds à même de lui permettre d’approvisionner des centrales électriques elles-mêmes en piteuse état. En attendant, il ne se passe plus une seule nuit sans émeutes ou une journée sans incendie lié aux délestages et leurs corollaires de courts circuits de malheurs. De Kaolack à Saint-Louis en passant par Mbour, Thiès, Dakar et sa banlieue, partout au Sénégal, les vaillants self-made-men de Gorgorlous et Diègues ne formulent qu’une seule demande : le courant ici et maintenant. Leurs velléités restent cependant aléatoires en l’absence de portes voix engagés et définitifs pour mener à bout ce refus de la rétrogression vers l’obscurité totale puisque les syndicats sont embourbés dans une course confuse à la représentativité et oublient que l’énergie est une variante de leur pouvoir d’achat. S’ils ne sont pas complices de l’enlisement de Senelec à travers leurs consommation gratuite d’électricité, les chefs religieux sont maintenant réduits à supplier un hypothétique zéro délestage durant leurs magals, gamous et autres ziarras. Les partis politiques peinent encore à prendre la gravité de la situation. Toutes choses qui laissent le peuple à sa merci, un peuple réduit à utiliser les médias comme tribune principale et qui se démêle dans les émissions interactives des radios pour trouver des solutions. A ceux qui voient dès lors une situation lointaine en Tunisie, rappelons que le Sénégal a déjà eu son lot d’immolés par le feu sous ce régime à la suite de déceptions et de désillusions. Le 29 Septembre 2008, Kéba Diop s’était immolé par le feu devant les grilles du palais présidentiel et meurt le lendemain. Auparavant, il y avait la dame Penda Kébé qui mourrait dans les mêmes circonstances en fin décembre 2007, lors d’une visite du président Wade à Rome en Italie. Il y a que les éléments cumulatifs de cette morosité ambiante étaient loin du seuil de tolérance que Senelec et les facteurs aggravants que sont la hausse quotidienne des denrées de première nécessité, le prix du gaz et autres tentent dangereusement de franchir. fredcikaw@gmail.com
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