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Révolution verte contre révolution du peuple
Par Frédéric TENDENG
Avec Laurent Gbagbo, c'est le début de la fin. Par contre, il faut vraiment s'appeler Kadhafi pour faire rire le monde avec des sorties délirantes traitant les jeunes libyens de drogués d'Al Qaeda, alors même que son peuple martyrisé est déterminé à se soustraire du consentement à 43 années de servitude. Kadhafi avait détrôné le roi Idriss Senoussi pour instaurer sa révolution verte. Aujourd'hui, c'est une vraie révolution, celle du peuple qui aspire à la liberté et à la parole, qui va avoir raison de son règne tyrannique.
Kadhafi était le guide auto proclamé d'un vaste territoire riche en pétrole. Aujourd'hui, il n'a plus qu'une partie de Tripoli sous le contrôle du canon de ses mercenaires et amazones. Il dominait son peuple d'une main de maître et se croyait au dessus des lois qu'il a lui-même taillé sur mesure. La privation de liberté née de la tyrannie de Kadhafi ne reposait pas, comme le dit La Boetie, sur la seule force militaire. "Ce ne sont pas la milice et l’armée qui font la tyrannie. Le tyran impose une domination de la force dans une hiérarchie de la domination par la contrainte. Entre lui et le peuple, il y a ses comparses et toute une distribution de la domination". Heureusement que l'aspiration légitime des peuples du Maghreb à la liberté a eu l'effet escompté en Libye où le peuple s'est rendu compte que ce ne n'était pas des compagnies de gens à pied ou encore moins des armes qui défendaient le tyran Kadhafi. Il ne lui a fallu que peu d’hommes pour réduire son pays en servitude, car cinq ou six, aux côtés du tyran suffisent, si le peuple se laisse soumettre et abdique devant la force. C’est ce consentement qui invite l’autorité tyrannique. Et quand l'ami de Wade, donneur de leçons aux Africains lors du Fesman, tire sur son peuple révolté et crie que ce même peuple l'adore jusqu'au sacrifice suprême, la génération hip-hop et facebook au Sénégal répond sûrement: "Kii moo daanou sarett" (il est tombé des bas). En confisquant le résultat des urnes, Gbagbo n'a pas encore suffisamment compris que peuple reste toujours souverain. Mais ce mois de mars est celui de tous les dangers pour lui. Les fonctionnaires attendent des salaires qu'ils percevaient dans des banques dont beaucoup ont plié bagages. La Société ivoirienne de raffinage a elle aussi fermée depuis quelques jours. La force de la télévision Rti qui amplifiait la propagande de Gbagbo a été sérieusement sapé. Il ne lui reste plus qu'à exciter ses troupes et précipiter un chaos qui va installer une économie de guerre avec l'espoir de soutiens comme celui de son grand ami Yahya Jammeh pour survivre. Mais la fin arrive toujours plus tôt pour ceux qui ne savent pas s'arrêter. Abdoulaye Wade en est un, lui qui veut un autre mandat à 86 ans contre les aléas de dame Nature. Et dire que Paa-bi (le Vieux) n'en voulait plus il y a quatre ans, qu'en ferait-il maintenant? fredcikaw@gmail.com
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