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Vous avez dit remaniement? Par Frédéric TENDENG "Tout ce que dit le petit maure, il l'a appris sous sa tente" (Birago Diop) Alors que nos compatriotes s'attendent à obtenir du régime du Sopi des réponses claires aux difficultés qui assaillent leur quotidien, ils ont droit depuis onze ans à des errements auxquelles s'ajoutent toujours des remaniements ministériels sans fin, encore que le président de la république avait annoncé leur fin en novembre dernier. Et puisque Wade est tout entier absorbé par l’exercice gratifiant du présent, que vaut sa parole? L'on se demande d'ailleurs quel Wade faut-il croire maintenant; celui qui a été élu comme président et qui n’est plus à la hauteur ou celui qui porte le manteau de candidat prématuré à un troisième mandat indécent? La preuve, quelques semaines seulement après avoir annoncé la fin des remaniements, nous avons été témoins du retour de ses intermittents du gouvernement, retour auquel s'est ajouté un recyclage en règle de politiciens en fin de carrière. Aujourd’hui que le pays s'interroge sur le désarroi qui pousse autant de compatriotes à s'immoler par le feu, Wade reste muet et son entourage brille par ses cacophonies. Et comme d'habitude, les palabres du palais finissent toujours dans la rue réputée bien commun et meilleure plateforme démocratique dans l'imaginaire sénégalais. Pour ainsi relayer fidèlement l'opinion, un remaniement pour réduire la pléthore de ministres et les dépenses qui s'en suivent est le bienvenu. Mais nos compatriotes ont progressivement constaté depuis onze ans, que tous les gouvernements ont échoué à figurer les situations réelles des citoyens de ce pays. Il y a un décalage tel que seul un "remaniement" qui annonce la démission de Wade serait une surprise, or la question n'est pas à l'ordre du jour car ce dernier donne rendez-vous à ses électeurs le 26 février 2012. En attendant, il quantifie la teneur purement qualitative du temps en termes de séquences utilitaires où chaque minute compte comme un projet de maintien de ses privilèges personnels en faisant fi de la clameur populaire. Du côté de l'opposition, la réplique est infime et consiste à reporter dans son propre camp la responsabilité de l'inertie pour s’en disculper. Alors que la lisibilité du projet politique, la clarté des idées et la position tranchée sur des questions comme celles du ou des présidentiables de l'opposition font terriblement défaut, Wade prend de l'avance. Son fils verrouille tout. Son plan Takaal, tant décrié, fait partie de la pierre angulaire du plan B que nous allons bientôt découvrir. fredcikaw@gmail.com
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