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Dérives dangereuses
Par Frédéric TENDENG
L'on assiste de plus en plus à un sabotage de l'Etat de droit et à une confirmation malheureuse de l'attitude désinvolte des autorités de ce pays face au désarroi qui a gagné tous les échelons du peuple sénégalais. Aux greffiers et autres travailleurs de la justice qui sont en grève, Abdoulaye Wade et Cheikh Tidiane Sy opposent un snobisme vulgaire et insultant. Au lieu de répondre avec courage aux sollicitations des syndicalistes, le pouvoir fait appel à des gendarmes et des pénitenciers dans les tribunaux. C'est une fagocitation et une militarisation en aval de la justice sénégalaise qui est en marche et un recul que même la Gambie du dictateur Yahya Jammeh n'a pas encore admis dans ses pratiques honteuses.
En méprisant l’idéalisme rationnel de ces sénégalais sur l'Etat de droit et la démocratie, le régime d'Abdoulaye Wade montre qu'il nie au peuple les valeurs et les principes qui l'ont conduit à la victoire au moment où son rêve le plus fou ne l'y autorisait pas. Aujourd'hui, il oeuvre comme jamais il ne l'a fait, à réduire le sénégalais à une cellule perdue dans la foule de ses adulateurs. A ceux qui ne se reconnaissent pas dans sa pratique de gestion de la citée, Abdoulaye Wade impose désormais l’abus psychologique, la violence physique et morale ainsi que la manipulation des consciences. Même des postiers en réunion de syndicat ont été battus par des policiers. Sinon, comment comprendre cette propension systématique à refuser tout dialogue et à donner des ordres pour mater, dans le sang au besoin, toute protestation contre les choix et les décisions politiciens du pouvoir?
C'est parce que son régime s'est complètement écarté des préoccupations du peuple. Le Sopi est un pouvoir d'affairisme et d'accumulation des richesses. Un matérialisme qui finalement appauvri Abdoulaye Wade. Il est devenu une caricature de fonctionnaire gonflé par l’indifférence face aux misères économiques et sociales, renfermé sur son égoïsme et avili par le dégradant système patrimonial qu'il veut à tout prix imposer au pays. Le Sopi a confirmé aux yeux du monde qu'il un système politico-affairiste fondé sur l’irrationnel. Son leader Abdoulaye Wade réduit presque inévitablement la participation politique individuelle et collective de ses concitoyens à un spectacle de masse.
Il reprend par la force ce que le peuple n'a pas voulu lui confier par les urnes. Il perd les élections locales de mars 2009 mais il gèle les choix issus des suffrages, fait disparaître les collectivités locales légitimement constituées et installe ses commis. Les policiers et les gendarmes sous ses ordres tuent de paisibles personnes désarmées pour l'aider à étouffer la clameur du peuple qui s'oppose à cette imposture. Son obsession pour la terre n'a d'égal que les opérations foncières du narco trafiquant colombien Pablo Escobar Gaviria qui se cherchait toujours une virginité dans l'achat de terres et la construction de citées pour les pauvres. Encore que chez Wade, les pauvres sont expropriés et n'ont leurs yeux que pour pleurer car, la terre est toujours distribuée au clan affairiste du Sopi. De l'aéroport de Dakar, à Bambilor, de Saly portudal à la base française de Ouakam et de Cap Skirring à Ngor, pas un seul mètre carré de terre n'échappe l'appétit goulu du président de la République du Sénégal.
En continuant par son mépris à exciter les angoisses et les frustrations de la majorité d'une part, et de l'autre, les complexes de grandeur de ses sbires, il croit, à tort pouvoir détruire la capacité de choix et de critique du peuple. Lorsqu'il se rendra compte que les masses ne sont pas de simples spectatrices d’un drame qui les prend à parti, il sera trop tard.
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