Frédéric Tendeng est journaliste et actuel Coordonnateur de la Rédaction du quotidien sénégalais KOTCH appartenant au groupe Psp, éditeur des magazines NOUVEL HORIZON et THIOF. Il a aussi été Rédacteur en Chef de la radio Sud Fm Banjul jusqu'en Octobre 2005, lorsque le Président Abdoulaye Wade ordonna aux autorités Gambiennes de fermer cette radio dont l'indépendance et la critique objective des premières dérives du Sopi devenaient gênantes. 

Aujourd'hui, Frédéric est le cofondateur et Chef du Desk Sénégal du journal en ligne www.jollofnews.com qui est un outil d'information et d'éducation au service de la Sénégambie et de la CEDEAO.

Auparavant, il était sous rédacteur en chef du quotidien national gambien Daily Observer avec lequel il a notamment couvert le naufrage du bateau Le Joola où officiellement 1863 personnes furent tuées. 

En 2006, Frédéric Tendeng a été le rédacteur en chef  de la radio Xfm Mbour et du bihebdomadaire du groupe de presse privé Xew-Xew Communications dont il s'est séparé en 2008 pour travailler en indépendant.



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ON VOUS TUE, L'ETAT VOUS DESHONORE
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Par Frédéric TENDENG

En ces premiers jours de l'année 2012, où il est de bon ton de formuler des vœux pour l’année qui s’ouvre à nous, six de nos compatriotes, des soldats de l’armée nationale, demeurent les otages du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc). Voilà donc 18 jours que le Président de la République, Chef suprême des armées, son ministre des Forces armées ou encore son chef d’Etat-major des armées, tout comme les hautes autorités de la Casamance membres du gouvernement, observent un silence méprisable et coupable sur la mort de plus d’une dizaine de soldats sur le théâtre d’opérations au sud du pays. Leurs frères d’arme et leurs familles cherchent encore à comprendre comment le Sénégal en est arrivé à tomber aussi bas, au point de rendre vulnérables les hommes ayant volontairement choisi d’offrir leur vie au service de la protection de l’intégrité du territoire national, de la sécurité de ses personnes et de leurs biens.

Négligence coupable

Les kidnappings et les tueries de nos soldats choquent et font mal, très mal. Leurs familles sont malheureuses alors que le peuple est blessé dans sa chair par le déshonneur car, il n'y a pas d'autre mot pour qualifier le traitement dégradant, l’oubli et la négligence scandaleuse dans lesquels le Président Abdoulaye Wade et son régime ont enfoncé les troupes de l’Armée sénégalaise en Casamance. Sinon, comment peut-on expliquer que la victoire de l’armée sur le terrain se résume désormais à la seule résistance aux attaques des rebelles là où les militaires devaient aller les chercher jusque dans leurs derniers retranchements ? Lorsque la presse révélait, il y a un an, l’arrivée d’armes iraniennes à destination de la rébellion via la Gambie, c’était justement pour aider à anticiper les revers que subissent les soldats depuis quelques temps. Mais ce pouvoir de la prévarication et de la malice est si nul que le Président gambien Yahya Jammeh a réussi à l’endormir jusqu’en 2011 pour enfin permettre aux combattants du Mfdc de faire usage de leur arsenal. Car, si les indépendantistes en sont arrivés à oser s’attaquer directement aux positions avancées de l’armée pour y enlever des soldats, brûler leurs cantonnements et emporter des munitions, c’est parce qu’ils font confiance à leur nouvelle puissance de feu qui assure une supériorité face à des diambars en nombre insuffisant et équipés du stricte minimum pour se défendre dans un temps très limité. L’histoire des armes qui tuent nos soldats n’est pas encore totalement élucidée par l’enquête des Nations unies. Leurs vendeurs passent devant les tribunaux nigérians et pourtant, les gouvernants du Sénégal font confiance à Yahya Jammeh qui joue à la victime et manipule cette histoire à sa guise. Qu’il accepte un droit de poursuite sur son territoire parce qu’il veut se refaire une virginité diplomatique n’enlève rien au fait que Jammeh reste un ennemi du Sénégal puisque lui-même le dit dans un entretien récent avec la 2Stv. Car disons-le clairement, que Jammeh avoue être l’ennemi du Président de la République du Sénégal, fait de lui un ennemi du Sénégal. 

Une rébellion ragaillardie par l’incurie du pouvoir

La nation est outrée par l’abjection car, je ne trouve ni ne cherche pas d'autre terme pour caractériser l’indignité d’Abdoulaye Wade et du pouvoir libéral qui vit fièrement l’infamie de subir et de faire subir à son armée les pires humiliations d’une rébellion peu structurée et à l’aura quasi nulle. Jamais ce pouvoir n’a su poser des actes forts allant vers le sens d’une prise en compte sérieuse de la question casamançaise. Par leur faute, le Mfdc recolle ses morceaux non plus pour aller vers des négociations mais pour radicaliser ses positions et verser dans la surenchère comme en 1993 lorsque les rebelles demandaient la non tenue d’une campagne électorale en Casamance et le retrait des positions avancées de l’armée dans le maquis. Si bien que l’on constate un rapprochement net et effectif entre Salif Sadio au front nord et le chef rebelle Ousmane Gnantang Diatta qui contrôle les combattants opérant dans le sud-est de la région. Les promesses faites par Wade et ses émissaires à  César Atoute Badiatte n’ayant pas été tenues, ses troupes restées calmes au sud de la région commencent à relancer des attaques. C’est donc toute la Casamance qui est exposée à un regain de la violence avec à la clé de nouvelles sollicitations pour une armée abandonnée dans un conflit négligé de façon lâche et coupable. Pourtant les nervis à la solde de personnes proches du pouvoir sont honorés par le Pds et Abdoulaye Wade alors que jeudi 22 décembre dernier à l’hôpital principale de Dakar, aucune autorité de l’Etat ne s’est présentée à la levée des corps des soldats tombés en Casamance.

La lâcheté, comment dès lors rejeter le reproche, quand le pouvoir, la classe politique, les organisations non gouvernementales et les organes de presse oublient cette crise en Casamance ou abdiquent devant leurs responsabilités pour s’en souvenir seulement lorsqu’il y a un rappel brutal de la violence et des cruautés de cette guerre, certains d’ailleurs ne s’en rappelant que pour rembourrer leurs objectifs électoraux ou mercantiles?

Rendre sa dignité à l’armée

L’Armée sénégalaise n’en mérite pas autant. Elle a toujours défendu la patrie avec honneur faisant la fierté de son peule qui n’a pas honte de faire sienne ce passage d’Anatole France dans son ouvrage l’Île des Pingouins (1908) « [...] Toutes les armées sont les premières du monde. La seconde armée du monde, s’il pouvait en exister une, se trouverait dans un état d’infériorité notoire ; elle serait assurée d’être battue. Il faudrait la licencier tout de suite. […] Et il est à remarquer que, pour avoir essuyé les plus effroyables revers, une année ne déchoit pas de son rang de première du monde. Car, si les peuples rapportent leurs victoires à l’intelligence des généraux et au courage des soldats, ils attribuent toujours leurs défaites à une inexplicable fatalité. »

Dans le cas d’espèce qui nous concerne, la fatalité s’appelle l’Etat du Sénégal et le régime à la morale malséante d’Abdoulaye Wade qui le dirige. Opposant, l’actuel chef suprême des armées flirtait avec les démagogues et les affabulateurs de la rébellion, marchandant avec eux des opérations douteuses en Casamance. Qui ne se souvient pas des 10 millions de francs Cfa réclamés par Nkruma Sané à Abdoulaye Wade équivalant au reliquat d’un contrat pour une prétendue sécurisation du vote, pour le Pds en Casamance, lorsque notre chef de l’Etat portait son costume d’opposant ? Arrivé au pouvoir, Wade a encore pollué les solutions à cette crise avec l’argent.

Il y a moins d’un an, Wade a bien fait parvenir le reliquat demandé par Nkuruma Sané et c’est un ministre d’Etat de la République qui a convoyé les fonds jusque dans un hôtel parisien où un émissaire Nkruma est venu retirer l’argent contre une décharge. L’argent, ce couteau à double tranchant entretient le conflit et continue encore de couter cher aux hommes et aux troupes de l’armée dont le seul tort est de s’engager avec dignité pour servir la patrie.

L’armée gagnerait donc à être moins opaque et plus intelligible sur la réalité des opérations sur le terrain pour que le peuple qu’il défend soit son bouclier face à un pouvoir dont l’héritage et le legs à la postérité sont l’aventure et le déshonneur de la République.

fredcikaw@gmail.com

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Le senegal est le seul peuple au monde a ne jamais accorder a l'armee une priorite.Mais comment s'emouvoire de ce qui arrive aux soldats s'ils preferent se revolter pour des primes et non pour un equipement adequat!Comment se reclamer des prime s alors que vous pouvez tombe sur le champs de bataille parcquevous etes sous-equiper,monsieur Tendeng l'armee Senegalaise ne se fait ridiciluser parcque le gouvernement n'a jamais senti enson sein le moindre desir de la respecter!Les parents qui envoient leur fils se battre en Casamance le font par ignorance ou par mepris.Le jous ou les jeunes officiers ou sous-officiers se revolteront ,alors l'etat les respectera!
Ecrit par: Moussa Diouf | 03/01 11:51AM


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