Entre deux feux?
Une année sabbatique pleine et ronde passée au pays de mes racines m'a permit de distinguer en kaleidoscope le mal et le bien, le vrai et le faux au sein de notre magnifique et maladif pays.
Oh! quel pays de pauvres et de riches, de mécréants et de pieux, de cyniques et de gentils...
A mon arrivée, aprés avoir distribué quelques pacotilles et autres sarithia aux parents et amis, me voiçi arpenter les couloirs de Ndakaru pour échanger mes maigres dollars en francs dévalués.
A bord du taxi loué exclusivement ce jour là pour absolument montrer qu'on vient fraichement du pays de l'oncle Sam.
De braves marchands ambulants ou boutik mbag bloquent presque la circulation avec à leurs épaules des cartes télèphoniques, des produits laitiers ...
Le policier en charge, la tenue édulcorée par cette forte chaleur, s'active autour des automobilistes avec à son cou, un gadget de sifflet lancant un cri strident à me boucher les oreilles. Le voilà s'approcher du taximan, lui arracha le permit de conduire et la carte grise sans motif.Mon vaillant conducteur le suiva et lui glissa un billet de mille francs à l 'intérieur du document .Affaire oubliée!
De superbes villas qui poussent comme des champignons, de remarquables voitures de luxe qui te frolent le flanc dans les ruelles de la capitale, de belles femmes qui n'ont rien a envier aux stars américaines . Une véritable bourgeoisie naissante!
L'envie de rester définitivement au pays me taraude l'esprit sans cesse.
L'on se voit traiter avec tous les honneurs par certains parents et amis qui espérent que l'on est revenu avec des valises remplies de billets verts.
Ai- je le droit de prendre tout bonnement mon Ndiaga Ndiaye ou Tata sans que mon voisin avec qui j'ai partagé ce moyen de transport pour me rendre en ville ne revienne dans le quartier pour me dénigrer?
Si le boutiquier du coin me prete un sachet de thé, du sucre et du naana pour mes camarades opportunistes venus me rendre visite à l'improviste, ne serai-je pas la risée de tout le monde?
Plus le séjour se prolonge, nombreux sont les problémes . De petits curieux commençent à se demander si l'on a pas étè refoulé ou déporté du pays de l'oncle Sam.
Ai- je le courage de repartir si je calcule les nombreux bills qui vont m'attendre dés que je foule avec difficultés le sol froid et impitoyable de New York.
Dois -je rester pour au moins servir mon pays qui a tant souffert de la fuite des cerveaux ou simplement repartir couper les ongles des chats ou chiens de ces américains qui au moins respectent la valeur humaine.
Bon! remplaçons ce passport périmé d'abord et on verra.
Aie! quelles longues semaines sinon des mois, n'ai-je pas pas attendu avant de récupérer ce fameux document qui éxigeait l'obtention de carte nationale d'identité au préalable?
Mes nombreux aller-retour au Bureau des Sésames m'ont fait constater tous ces compatriotes vivant à l'étrangers s'y présenter avec leurs enfants de 2 ou 3 ans pour les déclarer accompagnants afin de les '' arracher'' du pays.
Faudra t-il les comprendre ou les blamer?
Ne pas choisir c'est tout de meme choisir me dira t-on, mais comment choisir réellement?
La réponse est dans votre camp!
Moctar Tall Ngom