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[04/03 04:36PM]
A propos d’habitat et si on parlait vrai Monsieur Iba Der Thiam
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A propos d’habitat, et si on parlait vrai, Monsieur Iba Der Thiam !

Nous avons noté depuis quelques années à la suite de monsieur le député Iba Der Thiam, «ex- député du peuple » avec quelle frénésie, il mène une campagne intempestive pour la diminution des loyers de maison. Si sur le principe, son intention est  louable et la cause aussi juste, dans le fond, c’est de la pure démagogie, parce qu’il fait fausse route ou abstraction, en passant complètement, sous silence l’essentiel et le fondement de la question à savoir, la problématique de l’habitat en général, et surtout social dans notre pays, aujourd’hui.

C’est un véritable drame pour les couches moyennes et celles déshéritées qui n’ont aucun espoir sinon, un très mince, d’acquérir un toit, demain.

L’absence d’une politique cohérente de l’habitat en général et celle de l’habitat social en particulier, est une des caractéristiques notoires du régime de l’alternance. L’anarchie qui règne dans ce secteur montre suffisamment, le peu de préoccupation que le pouvoir de Me Wade attache à ce secteur vital, dans la vie d’un citoyen. Mais enfin, y a-t-il d’ailleurs un seul secteur où cela va mieux ?

Les deux sociétés nationales, la Sicap et la SNHLM ainsi que la Banque de l’Habitat du Sénégal  BHS, qui ont principalement en charge la construction de logements et l’attribution de crédit pour l’habitat en direction de tous les citoyens, brillent manifestement par la faiblesse de leurs réalisations quasiment  nulles, depuis la survenue de l’alternance en 2000. La mission qui leurs était dévolue historiquement ou plus exactement, la raison de leur création, était de : concevoir un vaste programme de construction de nombreux logements, sociaux, moyens standing en général et de grand standing en particulier, en vue de satisfaire le besoin important ou le déficit criard dans le domaine de l’habitat au plan national. Cette noble mission hautement sociale a été complètement dévoyée par le régime libéral de Me Wade, en s’accaparant lui et les siens, l’essentiel des terres du Sénégal à leur profit presque exclusif. Monsieur Iba Der Thiam semble occulter  ou ne pas voir cette réalité qui crève les yeux de tout Sénégalais honnête et, que des millions de Sénégalais vivent dans leur chair.

Ce but initial de ces organismes d’Etat était essentiellement social, ce qui avait poussé l’Etat à faire contribuer tous les salariés et les entreprises sous la forme d’une taxe pour l’habitat, qui s’est muée plus  tard en taxe de développement. C’est ainsi que la Sicap et l’OLHLM, transformée après en SNHLM ont beaucoup contribué à la construction de nombreux logements à loyers modérés et à la portée du niveau de revenus des Sénégalais à l’époque. Ce qui tendait vers cet objectif idéal, un Sénégalais un toit. Aujourd’hui, en lieu et place de cet objectif, ces sociétés nationales et cette banque de l’habitat construisent avec l’argent du contribuable sénégalais, des villas de grand standing d’une part ou, d’autre part des prêts importants, pour les nantis et les privilégiés du pouvoir, au détriment des nécessiteux potentiels de logement, les faibles bourses. Ainsi, en laissant en rade cette masse de populations en quête d’habitat social, nous assistons à une opération inédite consistant à faire construire par les pauvres, des villas de grand standing pour les nantis. Cette situation ignoble, qui est présentement, l’état réel dans tout le pays, monsieur Thiam, ne devrait pas du tout, l’ignorer.

Il s’y ajoute encore, cette marque indélébile propre à l’alternance, qui consiste à déguerpir les zones de terres occupées par les pauvres ou les établissements administratifs, les réserves foncières de sécurité, les zones militaires stratégiques pour les donner aux tenants du pouvoir,  à leurs affidés et autres marabouts, aux amis étrangers particulièrement arabes,  aux corps d’Etat qui sont chargés d’assurer à tout prix, le maintien au pouvoir de Me Wade ou pourquoi pas, sa pérennité, etc.

Par ailleurs, monsieur  Thiam, dans sa quête, à vouloir venir en aide aux nombreux locataires, malgré eux, devrait aussi au préalable, s’interroger sur un certain nombre de questions.

·         Tout d’abord, il devrait se demander, quel est le bilan au plan national, de Me Wade et son régime, dans le domaine de l’habitat social depuis l’alternance ?

·         Egalement, il devrait chercher à connaître, les raisons fondamentales, qui rendent  si  élevés les loyers de maisons, qui augmentent chaque jour davantage, et à quoi servent maintenant, la Sicap, la SNHLM et la BHS pour le peuple sénégalais?

·         Il devrait aussi se poser cette autre question et la poser de même à Me Wade, à savoir : où sont allés tous les espaces de terres dégagés depuis l’avènement de l’alternance ? et qui en sont les bénéficiaires authentiques ? surtout, si l’on sait avec certitude, que ce ne sont pas les Sénégalais moyens, eux qui sont dans tous les cas, des demandeurs chroniques de logements sociaux.

Les réponse à ces quelques questions amèneraient certainement monsieur Thiam, à être plus mesuré dans son acharnement sur cette question importante, qui lui sert de cheval de bataille, et même peut être, à s’orienter vers les vraies raisons de cette hausse permanente des loyers, et par ricochet, trouver sans doute  les vrais et principaux responsables de cette pénurie ou rareté de logement dans notre pays , qui obéit à la loi de l’offre et de la demande.  A ce propos, monsieur Thiam, ne dispose-t-il pas d’une maison aux Almadies, qu’il n’occupe pas ou qui serait en location, comme tous les dignitaires du régime libéral ? Si tel est le cas, il ne devrait pas ignorer les coûts actuels des matériaux de construction dans notre pays par rapport à leur niveau, en 2000.

Les matériaux de construction que sont principalement : le ciment, le fer, le béton, le sable, l’eau, etc. sont à la base de toute construction bâtie et ils constituent à cet effet, les éléments fondamentaux qui détermineront le coût du loyer, c’est aussi simple que cela. En examinant la hausse des prix des matériaux cités plus haut, de 2000 à nos jours, vous vous rendrez compte exactement, du pourquoi  et du comment, le loyer est en hausse permanente. L’honorable député devrait d’ailleurs  nous expliquer, pourquoi, malgré, la présence de deux (2) usines et bientôt trois (3) de production de ciment, dont la principale matière première est aussi extraite du sol sénégalais, il n’y a aucun impact tendant à baisser le prix du ciment, à un niveau raisonnable et à la portée des faibles bourses des Sénégalais, et, il en est de même, pour tous les autres principaux produits qui rentrent dans la construction du bâtiment. Dans la mesure où, aucun d’entre eux, ne fait l’objet d’importation, donc, ce ne sont uniquement que les lourds  impôts et taxes insupportables, qui grèvent les coûts des matériaux de construction. Notre président économiste, n’a malheureusement, retenu dans sa théorie économique pour le développement, que de frapper lourdement des impôts et taxes les marchandises et  les produits de grande consommation qui sont incontournables par les populations, ce qui induit la hausse des prix naturellement, dans tous les secteurs d’activité du pays. Certains diraient à sa suite, quel piètre économiste !

Alors, au lieu de s’en prendre aux propriétaires de maison qui ont sûrement sué pour bâtir leur maison par leurs propres moyens, ce qui leur rapporte quelques ressources pour survivre, vous devriez vous adresser à l’Etat  et principalement  à son chef, qui sont les principaux responsables de cette hausse que vous décriiez tant. Ne croyez-vous pas monsieur Thiam, qu’il est hautement et socialement plus utile, de se battre pour que chaque Sénégalais ait un toit à la portée de sa bourse, plutôt que de se focaliser sur une baisse hypothétique des loyers  qui dépendent du coût des matériaux de construction? Comme si, les Sénégalais locataires voudraient demeurer éternellement, locataires ! Monsieur Thiam, l’état de locataire pour tout citoyen devrait être une situation provisoire et être le plus brièvement possible, par conséquent, le fond du problème ce n’est pas de crier à tue-tête à l’Assemblée et partout ailleurs, pour la baisse des loyers mais, c’est de faire en sorte que chaque Sénégalais ait un toit. Et pour y arriver, il n’y a rien d’autre à faire que de baisser les prix des matériaux de construction.

Faut-il le rappeler à monsieur Thiam et à Me Wade, que les terres du Sénégal est un patrimoine commun à nous tous Sénégalais, et que, chaque Sénégalais a droit à un lopin de terre pour y vivre ? Et c’est notre Constitution ou plutôt celle de Me Wade, qui le dit clairement en son article 15 : « …l’homme et la femme ont également le droit d’accéder à la possession et à la propriété de la terre dans les conditions déterminées par la loi, »

Monsieur Iba Der Thiam, devrait, s’il en a le courage en tant que député, d’insister auprès du pouvoir  et précisément, de Me Wade pour que les matériaux de construction soient ramenés à des coûts raisonnables, que l’Etat construise des logements sociaux à loyers modérés, en fonction du niveau de vie et salaires du Sénégalais moyen et en quantité suffisante à travers le territoire national. Qu’il demande à Me Wade de freiner sa boulimie de terre après celle du pouvoir  et que les espaces de terres libérés de force ou de gré, reviennent aux populations démunies en général, comme par exemple, celles déguerpies pour cause d’inondation, la jeunesse qui est au désespoir de trouver un jour un toit pour leur futur foyer. C’est cela, la véritable question monsieur Thiam, et nulle part ailleurs.

Mais un Etat qui est incapable de permettre à son peuple de se procurer du travail pour subvenir à ses besoins sociaux, de lui permettre de trouver à manger à sa faim, de lui permettre de trouver un toit, de lui permettre de s’éduquer convenablement, de lui permettre de se vêtir même en friperie, de lui permettre de vivre dans la paix, la concorde, l’harmonie, la fraternité, la convivialité et j’en passe, est un Etat vaut-rien et handicapé.

Voilà Honorable député, ce qu’un concitoyen pense de votre activisme.

 

Mandiaye Gaye

Gaye_mandiaye@hotmail.com


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Commentaires
A propos d’habitat, et si on parlait vrai, Monsieur Iba Der Thiam
Belle démonstration de la mauvaise foi de l'ex député du peuple qui continue de nous tympaniser avec la question du coùt du loyer:lui-méme est comptable de la boulimie des terres du régime libéral.Iba Der Thiam détient une belle maison dans un quartier très prisé de Dakar dès les premières années de l'alternance et pour récompenser le maçon qui effectuait les travaux,il l'a fait émigrer en Italie.Ces attitudes d'imposteur ne sont point les règles d'or de dirigeants compétents.La Sicap-SA et la SN HLM jadis véhiculaient une réelle politique sociale du logement.Ce role est masqué par la boulimie foncière de Wade(ex camp Lat-Dior transformé en SICAP-KEUR GORGUI)l'enceinte de la Foire,les terres de Bambylor et récemment celles de Bel-Air...Et sur un autre registre,les résultats du dernier recensement général de la population et de l'habitat de décembre 2002(RGPH3) sont assez édifiants sur la structure morphologique de l'habitat au Sénégal.Hélas,près d'une décennie que les conclusions ne puissent corriger certaines disparités béantes.Merci à Monsieur Gaye pour cette contribution.
Ecrit par: DIOP | 05/03 11:58AM


Belle contribution. Ces politiciens veulent utiliser les entrepeneurs senegalais comme boucs emissaires. Ils font la meme chose contre nos vaillants commercants. Tout en augmentant les droits de douanes et le prix du transport maritime, ils veulent avoir des prix competitifs pour le consommateur senegalais. Le probleme fondamental avec notre gouvernement commence par le train de vie insupportable de l'etat.
Ecrit par: Mody | 05/03 04:05AM


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Mandiaye Gaye LE SÉNÉGAL SOUS ABDOULAYE WADE Banqueroute, corruption et liberticide Préface de Boubacar Boris Diop ™xHSMCTGy117587z ISBN : 978-2-296-11758-7 30  LE SÉNÉGAL SOUS ABDOULAYE WADE Mandiaye Gaye LE SÉNÉGAL SOUS ABDOULAYE WADE Me Wade a introduit dans la gestion des affaires de la république au cours de son mandat, des pratiques étrangères et irrationnelles tendant à dénaturer et à banaliser nos institutions. Et dans ce cadre précis, aucun domaine de la vie nationale n’a été épargné (…) Nous devons agir pour sauver la république du Sénégal. Tout d’abord et avant tout, nous devons en faire notre tâche prioritaire avant qu’il ne se disloque en tant que nation, ou avant qu’il ne soit trop tard. Nous devons bien cela à notre pays. Egalement, pour honorer la mémoire de nos disparus, qui nous avaient précédés dans cette tâche et qui avaient aussi tant oeuvré pour le même combat et objectif. Le résultat des élections locales du 22 Mars 2009, est une éclatante victoire pour tout le peuple sénégalais et, un avant goût de 2012 pour tous ceux qui s’opposent vaillamment contre le régime libéral. C’est également, une sanction négative d’une politique et un avertissement clair, d’un homme Me Wade, à son régime et à tous ceux qui sont encore hésitants à s’engager résolument dans ce combat ultime, d’un peuple qui souffre dans sa chair, par la faute d’un homme qui lui a tourné le dos, dès l’entame de son mandat, au profit de ses intérêts propres lui et les siens et de l’Extérieur. C’est avec force et conviction, par une analyse sans concession de l’échec intégral du régime libéral que l’auteur nous invite à prendre nos responsabilités pour mettre fin au calvaire que connaît notre pays depuis dix ans. Mandiaye GAYE se présente volontiers comme un autodidacte dont l’histoire individuelle est portée par ses engagements dans la lutte anti-coloniale, puis contre le régime néocolonial qui lui a succédé après les indépendances. Il connut la prison et la clandestinité qui ont forgé en lui un patriotisme de conviction toujours renouvelé au gré des luttes inlassables pour un Sénégal libre et démocratique.