blog de amadou fall
mis à jour: 09/04 02:25PM

   Affaire CISSE LO, le manque de maturité et d’envergue politiques de Macky [25/07 12:38PM]   
Évaluer le texte  

L’élection de Macky continue de soulever de nombreuses interrogations au sein de l’opinion et la question qui se pose avec le plus d’acuité est de savoir comment la coalition hétéroclite qui a porté Macky au pouvoir, peut elle parvenir à s’entendre pour la gestion de ce pays ; la question de la gestion du pouvoir ne se posait pas au sein de BENNO SIGGIL Sénégal dans la mesure où il y avait un programme qui a été élaboré de façon consensuelle, qui déterminait les actions à mener et les responsabilités des différentes parties prenantes. Si Macky avait placé son mandat dans le cadre des assises nationales, cela lui aurait permis d’avoir un cadre d’action viable.


Au sein de la coalition de BENNO BOK YAKKAR, l’impression est qu’il n’y a pas un cadre unitaire structuré et cohérent, qui pourrait constituer un mécanisme efficace de prise de décisions. Dés lors, le Président Macky a tendance à traiter directement avec les principaux leaders de la coalition, ce qui n’est pas de nature à favoriser la transparence et à éviter les suspicions ; cela ne contribue pas ainsi à ce que les membres de la coalition se sentent plus impliqués dans la gestion du pouvoir.  Les récents voyages du Président Macky à l’étranger accompagnés de leaders politiques sont des exemples illustratifs de cette situation.


Le Président Macky doit se faire la bonne interprétation de son élection et la gestion actuelle de la coalition de BYY devrait être plus transparente et plus homogène et permettre une implication plus importante des leaders dans la gestion du pouvoir. Il ne s’agit pas de traiter individuellement avec les leaders politiques chacun dans son domaine d’intervention ou plutôt dans le ou les départements ministériels qui leur sont confiés, mais mettre en place un cadre de concertation qui permettra d’éclairer le président Macky dans les principales décisions à prendre.


D’ailleurs, le débat sur la Présidence de l’Assemblée est une illustration de la façon par laquelle, le Président Macky a l’intention de gérer le pays ; car comment peut il décider unilatéralement de proposer ce poste à NIASSE, sans pour autant en avoir discuté avec les principaux leaders de la coalition ? Cela a non seulement été très maladroit de sa part, car il ne devrait pas l’annoncer publiquement dans la mesure où ce sont les députés qui élisent le Président de l’Assemblée, mais également c’est une pratique pas très républicaine compte tenu de la séparation des pouvoirs.


Le Président Macky aurait pu faire des manœuvres politiques à la base pour faire élire NIASSE et s’en limiter là ; et là il gagnerait à apprendre les anciennes pratiques de WADE qui, même s’il fait un choix de ce genre, le gardait au secret jusqu’au dernier moment, se contentant de sensibiliser les responsables de son parti et ses alliés afin que son choix soit soutenu et réalisé. Même si au final, Macky parvient à faire élire NIASSE, ce sera néanmoins un échec de sa part, aussi bien dans la stratégie que dans la mise en œuvre. En effet, il a manqué de clairvoyance et de maturité politiques à plusieurs niveaux.


D’abord, c’est une violation des règles élémentaires de démocratie à la base ; d’ailleurs, les différentes dénonciations de la part de certaines instances de son parti montrent qu’il n’était pas très en phase avec sa formation politique ; sur cette question, il a donné l’impression qu’il était pressé, jusqu’à soutenir publiquement qu’il allait faire élire NIASSE comme Président de l’Assemblée, alors que cela n’était pas directement de son ressort. Un Président ne doit pas être pressé et doit pouvoir garder une information jusqu’au bon moment. Il devrait d’ailleurs se référer à l’élection du nouveau Président de l’Assemblée en France car même si l’opinion était préparée sur celui qui serait élu, il n’était pas question cependant de donner avec certitude un nom, et surtout venant de la part du Président.


Ensuite, l’impression a été que le Président Macky n’avait pas la totale maîtrise de ce dossier et qu’il ne l’avait pas non plus bien préparé, car il aurait pu prévoir toutes les velléités de contestation et essayer de les étouffer ou du moins de les prévenir ; mais le fait qu’il soit désavoué par des instances importantes de son parti, n’a fait que l’affaiblir au niveau politique.


Enfin, il a mis mal à l’aise les autres leaders de la coalition, y compris celui qui a été pressenti pour être le Président de l’Assemblée ; les leaders étaient tout simplement gênés car, devant toute cette agitation politique, ils ne savaient pas tout simplement ce qu’ils devaient répondre aux responsables de leur parti ; ce qui fait qu’il y a eu des voix discordantes au sein même des différentes formations politiques.


La question de la candidature au poste de Président de l’Assemblée a ainsi été une véritable forfaiture politique de la part du Président Macky. Ce genre d’impairs risque de se reproduire malheureusement dans la gestion du pouvoir de Macky, s’il ne fait pas la bonne interprétation de son élection et s’il ne s’entoure pas de conseillers politiques avertis qui pourront l’aider à préparer les grandes décisions politiques.


Le Président Macky doit savoir qu’il a été élu grâce à de nombreux concours de circonstances, même si cela ne diminue en rien sa légitimé et son mérite. C’est vrai qu’il a fait un important travail politique à la base depuis qu’il a quitté le poste de Président de l’Assemblée Nationale ; mais il doit savoir que c’est ce même travail que les autres leaders ont toujours fait pendant de nombreuses années.


Même si le travail à la base qu’il a fait a contribué pour une bonne part à son élection, il y a cependant d’autres facteurs non moins importants qui ont été  déterminants. Tout le monde reconnaît en effet que Macky n’a jamais eu d’ambitions présidentielles avant 2008, année de son départ forcé du poste de président de l’Assemblée ; mieux,  avant 2000, année de l’élection de WADE, Macky n’a jamais été une personnalité politique d’envergure, étant tout simplement un agent cadre dans une société publique ; c’est dire que si WADE n’avait pas accédé au pouvoir, il y a de fortes chances que Macky serait encore largement inconnu du paysage politique.


Il doit beaucoup – pour ne pas dire tout-  à WADE, d’avoir fait sa percée politique, car il n’avait pas le profil des grands leaders politiques charismatiques qui pouvaient créer leur parti et s’imposer dans le champ politique ; il n’a pas le profil de grands leaders politiques -comme Senghor, WADE, BATHILY, SAVANE, DANSOKHO pour ne citer que ceux là- qui très tôt, avaient une vision claire de leurs ambitions présidentielles.


Après 2000, Macky a été promu par WADE et a eu à occuper des fonctions très importantes dans le gouvernement et même comme Président de l’Assemblée. Son ascension très rapide s’explique plus par son dévouement, que par ses compétences et son cursus politiques. Les nominations de WADE concernant Macky, comme d’ailleurs pour la plupart de ses autres proches collaborateurs, obéissaient plus à des critères de soumission sans réserve et de manque d’ambition politique;  WADE ne voulait pas comme Premier ministre ou comme Président de l’Assemblée quelqu’un de charismatique et qui pouvait aspirer à le succéder ; cela se justifiait aussi par le fait qu’il ne voulait pas de quelqu’un qui aurait pu constituer un obstacle à son projet de se faire succéder par son fils.


Cela veut dire que WADE connaissait les limites politiques et intellectuelles de Macky, et ne pouvait pas s’imaginer un seul instant qu’il avait la carrure d’un présidentiable ; c’est pourquoi d’ailleurs, il n’a jamais pensé qu’il pouvait l’inquiéter même lorsqu'il a quitté le poste de Président de l’Assemblée Nationale et qu’il a démissionné du PDS.


Si Macky a créé son parti c’était beaucoup plus par frustration ; ce n’était pas parce qu’il avait un programme alternatif viable ou des convictions idéologiques très différentes ; il ne créait pas un parti parce qu’il avait des ambitions présidentielles mais plutôt pour se positionner sur le champ politique et pour chercher à affaiblir le parti de WADE ; il voulait également, en cas de changement de régime, se positionner pour participer à la gestion du pouvoir.


Lors de la campagne électorale présidentielle, Macky a beaucoup bénéficié de la confusion créée avec la candidature de WADE et des différentes manifestations qui ont été organisées contre cette candidature et dont la plupart ont été réprimées.  Macky a eu bénéficier de l’unité de l’opposition pour lutter contre la candidature de WADE, et des manifestations communes organisées par l’opposition, même si par la suite, il a été le premier des leaders à prendre ses distances et à battre sa propre campagne ; de ce point de vue, certains analystes ont à juste titre considéré que Macky a largement bénéficié du mouvement unitaire de l’opposition sans en être solidaire jusqu’au bout, car de nombreux autres leaders politiques, beaucoup plus charismatiques ont sacrifié leur propre campagne - et souvent pris des risques très importants lors des manifestations – au profit d’une campagne commune de l’opposition contre la candidature de WADE.


Un autre élément déterminant en faveur de Macky est la division au sein de BENNO qui a contribué à fractionner les votes de cette coalition. S’il n’y avait pas eu cette division, BENNO devrait inévitablement arriver au second tour. Même si Macky ne saurait être tenu pour responsable de cette division, et qu’en politique, tous les scénarios doivent être prévus, cette situation a cependant largement contribué à son élection.


Tous ces éléments montrent que Macky  a été élu grâce à de nombreux concours de circonstances, ce qui du reste, ne réduit en rien sa légitimité et son mérite, mais il devrait pouvoir faire une bonne interprétation de son élection, ce qui lui permettrait d’avoir une bonne stratégie politique de gestion du pouvoir. En faisant liste commune pour les élections législatives avec d’autres coalitions et partis politiques qui l’ont porté au pouvoir, il devrait en tirer les conséquences et adopter une stratégie appropriée de gestion du pouvoir.


Les premiers actes de sa gestion et sa stratégie consistant à vouloir traiter individuellement avec les autres leaders politiques ne sont pas viables et ne sauront prospérer. Il doit instaurer un cadre de concertation suffisamment large qui pourra proposer une méthodologie générale de gestion et qui pourra conseiller le Président sur toutes les grandes questions politiques.


Amadou FALL                                                                                                                                                      FPSE ; Société civile ;     Québec.    


 Email :Amdfall@hotmail.com



   Trackbacks

    URL Trackback: http://www.xalimablog.com/trackback/9691

   Commentaires

   Poster un commentaire
Nom:


Email:


3 + 4 = ?

S'il vous plaît écrivez-dessus a somme de ces deux nombres entiers

Titre:


Commentaires:


Code:
Powered by