blog de mody niang
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Date et lieu de naissance : 1945 à KOKI, Département de Louga

 

Coordonnées : mobile : 77 6536851  /  fixe : 33 8355136 / e-mail : modyniang@arc.sn

 

Tour à tour instituteur (1963-1972), professeur (1972-1981), inspecteur d’enseignement (1981-2000), à la retraite  depuis décembre 2 000 ;

 

Très tôt impliqué dans les mouvements associatifs, les syndicats d’enseignants et les Ong nationales et internationales. J’ai été en particulier membre simple, puis membre du Conseil d’Administration de l’Association africaine d’Education pour le Développement (Asafed), puis de l’Organisation canadienne pour l’Education au service de Développement (Oced). C’est l’Asafed qui éditait l’excellente revue africaine « Famille et Développement » dont j’ai été pendant de nombreuses années responsable de la rubrique « Education ».

 

Je me suis également intéressé très tôt à la politique, à la politique en tant que gestion, conduite des affaires de la cité et  non à la politique politicienne, technologie déployée pour accéder coûte que coûte au pouvoir et le conserver. Dans cette perspective, j’ai eu à prendre, sans désemparer et pendant une trentaine d’années, des positions publiques sur la manière dont le pays est gouverné, du temps de Senghor comme de celui de Diouf, avec lesquels je n’étais pas souvent d’accord.

 

Je crois avoir joué un rôle, même modeste, dans l’avènement de l’alternance au Sénégal. J’ai eu à accompagner les autorités issues du 19 mars 2 000 pendant au moins une dizaine de mois, avant de prendre nettement mes distances, leur gouvernance se révélant rapidement très peu différente et même pire que celle des Socialistes. Depuis lors, je les combats avec plus de vigueur encore que je combattais les Socialistes, mais dans les limites admises par la Loi et la Démocratie.

 

Parallèlement à mes contributions, je publie des livres pour contribuer modestement à une meilleure connaissance de l’histoire de mon pays et, plus spécifiquement, à aider les jeunes générations à disposer d’informations pertinentes leur permettant d’apprécier correctement la gouvernance des trois présidents qui se sont succédé à la tête du Sénégal. C’est ainsi que j’ai à mon compte six livres dont voici les titres :

 

 

1)      Me Wade et l’Alternance : le rêve brisé du Sopi, publié à compte d’auteur en février 2 004, puis réédité par L’Harmattan en janvier 2 005 ;

2)      Qui est cet homme qui dirige le Sénégal ?, L’Harmattan, mai 2 006, livre jusqu’ici banni des frontières nationales, dans l’indifférence totale ;

3)      L’héritage politique de Léopold Sédar Senghor : entre ombres et lumières, Éditions Sentinelles, janvier 2 007, Dakar ;

4)      Un vieux président face à lui-même. Autoglorification, affabulations et calomnies, Editions Sentinelles, novembre 2008 ;

5)      « Amadou Lamine Faye : comprendre l’alternative wadienne ». Un livre qui établit une nullité prétentieuse, Editions Sentinelles, mai 2009 ;

6)      Abdou Diouf : 40 ans au cœur de l’Etat socialiste au Sénégal, L’Harmattan, juin 2009.

 

Ces livres, mêmes ceux publiés par les Editions Sentinelles à Dakar, ne sont pas distribués par les deux principales librairies de la capitale nationale, ni à l’intérieur du pays. Les deux premiers, publiés à Paris, sont carrément bannis des frontières nationales. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’ai des difficultés, moi l’auteur, à me procurer un ou deux exemplaires du second livre.

Pour les autres livres, je suis obligé d’en assurer moi-même la distribution. C’est aussi cela le Sénégal de Me Wade.

 



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Qui est cet homme qui nous dirige?, L'Harmattan, mai 2006
L'héritage politique de Léopold Sédar Senghor: entre ombres et lumières, Editions Sentinelles, janvier 2007
Un vieux président face à lui-même. Autoglorification, affabulations et calomnies, Editions Sentinelles, novembre 2008
"Amadou Lamine Faye: comprendre l'alternative wadienne". Un livre qui établit une nullité prétentieuse, Editions Sentinelles, novembre 2006
Abdou Diouf: 40 ans au coeur de l'Etat socialiste au Sénégal, L'Harmattan, juin 2009





 

[16/08 01:15PM]
Avec sa "Grande Offensive agricole", Me Wade fait encore du cinéma
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Avec sa « Grande Offensive », Me Wade fait encore du cinéma

 

On dit de Me Wade que c’est un grand économiste. De surcroît, il a fait une longue opposition de 21 ans et a prétendu avoir réfléchi, pendant tout ce temps, aux énormes potentialités de développement économique du Sénégal. Il ne devrait donc pas être surpris par la flambée des prix du pétrole et des produits agricoles. Il ne pouvait surtout pas ignorer, avant même son accession à la magistrature suprême, l’émergence de pays comme le Brésil, l’Inde, la Chine, etc, qui se dessinait sous nos yeux, et les conséquences que celle-ci allait inévitablement entraîner. Bien avant le 19 mars 2 000, le pays était déjà confronté à l’importation en quantités importantes  de denrées alimentaires, qui grevaient lourdement notre budget et creusaient gravement nos déficits.

Nous étions donc légitimement en droit d’attendre de Me Wade, dès le lendemain du 19 mars 2 000, qu’il mît en place une véritable politique agricole, qui devait aboutir dans un délai raisonnable, à l’autosuffisance alimentaire ou, à tout le moins, à l’autonomie en riz. N’est-ce pas ce même Me Wade qui nous faisait déjà saliver en promettant de faire du Sine Saloum un « El Dorado » ? « Je vais créer un lac artificiel à Kaffrine. Je vais faire du Ndoucoumane le grenier du Sénégal »[1], lançait-il alors, réveillant au passage un de nos vieux rêves datant de la campagne pour l’élection présidentielle de 1993.

Le président Wade ne mit pas beaucoup de temps pour nous faire revenir sur terre. Il a tôt fait, par l’improvisation qui est l’un des traits caractéristiques de sa gouvernance informelle, de détruire notre agriculture, et principalement la filière arachidière. Par certains de ses choix, il donnait déjà le ton que l’autosuffisance alimentaire n’était pas de ses premières priorités. Il s’orientait plutôt vers l’importation massive de riz. Revenant ainsi d’une visite officielle du Pakistan, Me Wade annonce, avec une fierté non dissimulée, l’arrivée au Sénégal de 20 000 tonnes de riz sur un total de 400 000, qui devaient faire l’objet d’un contrat signé avec le gouvernement pakistanais. Á des prix qui défient toute concurrence, précisait-il. Et pour rendre les choses plus alléchantes encore et se faire plus convaincant, le tout nouveau président de la République ajoute : « Je dois dire que le prix que les Pakistanais ont proposé au départ est nettement au-dessous du coût du riz au Sénégal. Déjà, il y a là une baisse très importante. La différence est déjà de 18 dollars la tonne dans le premier cas, et dans le second, il est prêt de 8 dollars, ce qui est déjà intéressant. Et ils nous vendent à un prix CAF (assurance comprise). Le contrat porte sur 400 000 tonnes de riz, c’est-à-dire sur le volume de nos importations et ils vont commencer par envoyer deux bateaux de 10 000 tonnes chacun, ce qui fera 20 000 tonnes. »[2] Dans ces propos, la préférence pour le riz pakistanais apparaît nettement, en raison de son coût inférieur à celui de notre pays.

Á l’époque, nombre de mes compatriotes ne connaissaient pas encore suffisamment l’homme, et prenaient pour argent comptant tout ce qu’il disait. Ngoor et Jekk en particulier se frottaient donc les mains et attendaient avec impatience ce riz pakistanais providentiel. De riz pakistanais pourtant, il n’en fut point et, dans ce cadre, aucun bateau n’a jamais accosté au Sénégal !

Nous n’étions qu’au tout début de nos peines : nous allions connaître d’autres déceptions, surtout avec les différents « programmes spéciaux » de Me Wade qui se bousculent dans sa tête bouillonnante d’idées. Ces fameux « programmes », décidés souvent sur un coup de tête, de façon unilatérale et donc sans l’avis des techniciens et sans études préalables, sont voués à l’échecs, malgré les dizaines, voire les centaines de milliards qui y sont injectés[3].

L’exemple patent de ces « programmes spéciaux » improvisés, c’est sûrement celui sur le maïs. On se souvient encore, à ce propos, de la tournée que Me Wade effectua dans le Département de Dagana, le 11 mars 2 003. Au milieu d’une foule en délire – ce qu’il affectionne tant -  et pris dans la tourmente et la chaleur de l’accueil qui lui était réservé, au son des tam-tams, des violons, des koras et de tous autres instruments de musique endiablée, il décréta un million de tonnes de maïs pour l’hivernage de cette année-là. Deux jours plus tard, au Conseil des Ministres du 13 mars, il réitéra avec force ses instructions au Ministre de l’Agriculture de l’époque, Monsieur Habib Sy. Le pauvre ministre, qui donnait l’impression d’y croire vraiment entama aussitôt, son million de tonnes en bandoulière, une tournée à travers les différentes régions du pays, pour vulgariser la bonne nouvelle.

Les techniciens ne tardèrent pas à se faire entendre, pour faire revenir sur terre Me Wade, son ministre et tous les goorgorlu qui seraient encore tentés de se laisser facilement menés dans le bateau des promesses sans lendemain de cet homme qui nous dirige. Rappelons quand même que nous étions à moins de trois mois de la tombée des premières pluies. Le délai était donc très court et Me Wade le reconnaîtra lui-même, un peu tard, il est vrai. Dans son discours introductif au Conseil présidentiel sur l’Agriculture du vendredi 18 avril 2 008, il avoue, évoquant les résultats limités du « programme spécial maïs » : « (…) Quand nous lancions le plan, nous étions trop proches de l’hivernage pour avoir le temps de tout mettre en place. » Nous reviendrons d’ailleurs sur ce fameux Conseil présidentiel pour souligner qu’il a encore commis, à l’occasion, la même bévue. Comme quoi, cet homme ne tire aucune leçon du passé.

Le « programme spécial maïs » ne pouvait donc pas donner les résultats escomptés et les techniciens (privés) s’étaient tôt fait le devoir de l’en dissuader. L’un d’entre eux, qui n’est pas des moindres, alors Coordonnateur du Programme d’Urgence de la Fao à Dakar, affichait clairement son pessimisme dans une interview à Walfadjri des 5 et 6 avril 2 003. Il fit remarquer d’emblée qu’atteindre un million de tonnes, c’était multiplier la production annuelle moyenne (100 000 tonnes) par dix. Ce qui supposerait déjà la mobilisation de très grandes superficies. Sans compter d’autres préalables importants : trouver d’abord des débouchés (« un million de tonnes, ce n’est pas rien », avait-il sagement lancé), disposer de 10 000 tonnes de bonnes semences (pour trois milliards au moins) ainsi que de quantités importantes d’engrais. Et le technicien de la Fao, après un long développement (cf Le Walfadjri déjà cité), de marteler : « (…) Et puis, rien qu’un programme de 250 000 tonnes (de maïs) coûterait 12 milliards. Multipliez par 4, ça fait 40 à 50 milliards. » De l’avis motivé du technicien donc, un million de tonnes de maïs, c’était possible, mais à moyen terme et avec les préalables indiqués.

Un autre spécialiste des questions agricoles, Monsieur Jacques Faye, ancien Directeur général de l’Isra, n’a pas, lui non plus, cru le moins du monde même aux 500 000 tonnes finalement déclarées par le gouvernement libéral. Il affirme sans ambages : «  (…) Je peux vous montrer un document sorti du cabinet du Ministère de l’Agriculture qui dit que cela est faux. On ment aux populations, on n’a jamais fait 500 000 tonnes de maïs. En fait, je peux vous démontrer mathématiquement qu’il n’était pas possible de faire 500 000 tonnes (…). »[4]

Quelqu’un d’autre, celui-là lui aussi de taille, une très vieille connaissance, avait également, de façon catégorique, réfuté les 500 000 tonnes et s’était fait le plaisir de le démontrer dans une interview à Walfadjri du mardi 6 janvier 2 004 (page 7). Monsieur Djibo Ka – c’est de lui qu’il s’agit - s’était montré particulièrement impitoyable, allant jusqu’à traiter le « programme spécial maïs » d’« arnaque officielle ». Il est vrai que, à l’époque, il n’était pas encore ministre d’État dans le gouvernement libéral.

Ce « programme » a été donc incontestablement un échec. Malgré tout pourtant, Me Wade, qui s’arc-boutait sur ses 500 000 tonnes, au lieu de consolider ces « bons » résultats pour encore une année au moins, se lança imprudemment dans un second « programme » : celui du manioc pour encore un million de tonnes. Qu’allions-nous faire d’un million de tonnes de manioc, avec le peu que nous en consommons dans nos différents repas ? Qu’allions-nous faire du reste, après notre modeste consommation ? En tout cas, comme lors du lancement du million de tonnes de maïs, des techniciens marquèrent nettement leurs différences et firent état de leur scepticisme. C’était notamment le cas de Monsieur Souleymane Bassoum, Coordonnateur d’Agrécol Afrique, une structure travaillant dans le cadre de l’agriculture biologique. Comme Jacques Faye en 2 003, M. Bassoum fait remarquer qu’une agriculture « ne se décrète pas » et que, loin d’être un mot d’ordre, « c’est une combinaison de facteurs naturels ». Dans L’Observateur du lundi 14 juin 2 004, il développa longuement ses sérieuses réserves et mit un accent particulier sur les conséquences (négatives) que la mise en œuvre d’un programme d’un million de tonnes de manioc pouvait entraîner.

Ce fut ensuite, en 2 005, le « programme bisaab » que décréta le président Wade, pour 70 000 tonnes. Si ce résultat avait été atteint, qu’aurions-nous fait de ces montagnes de tonnes de bisaab, puisque rien n’avait été prévu pour cela ? Me Wade caressa ensuite le programme sésame et bien d’autres encore, aussi hasardeux les uns les autres. Dans Le Quotidien déjà cité, Monsieur Jacques Faye rappelait que le développement n’était pas une affaire de rêve ou de miracle, mais plutôt « un travail patient dans la durée, avec toute la volonté nécessaire, autour de ce que nous devons faire pour que tout le monde aille dans la même direction ».

Rien n’y fit : Me Wade continue obstinément de faire du sur place, du pilotage à vue. Il n’a pas de politique agricole cohérente, ni d’autres politiques d’ailleurs : il fait du coq-à-l’âne dans tous les domaines de la vie nationale. C’était le cas quand il décrétait (il décrète toujours), il y a quelques années, l’autosuffisance alimentaire ou tout au moins l’autonomie en riz en cinq ans. Monsieur Habib Sy, encore Ministre de l’Agriculture, était investi de la terrible mission. On se souvient que, dans cette perspective, il nous avait organisé un véritable cinéma à la télévision nationale, entouré de ses techniciens et ayant à côté de lui un « messie » indien qui devait régler nos problèmes de riz dans le délai imparti. Ce dernier avait présenté du matériel à travers un documentaire qu’il commentait rapidement. Quelque temps après, on n’entendit plus parler du « messie » indien nulle part.

Aujourd’hui, après le Plan Reva, lui aussi né comme par enchantement avec ce phénomène qu’on a appelé « Barça ou Barsaq », Plan qui a déjà englouti des milliards sans que l’on voie vraiment encore rien pointer à l’horizon, Me Wade organise l’un des cinémas, des « Péncum senegaal » les plus grotesques dont il a le secret : un Conseil présidentiel sur l’Agriculture, en présence des ministres du gouvernement et de tout ce que notre pays compte d’autorités administratives. Sans la présence (signalée) d’aucun technicien de l’agriculture. Dans son discours introductif il annonce, à la très grande surprise de l’assistance – c’était nettement perceptible sur les visages et les attitudes - un plan, un programme vraiment fou celui-là : La Grande Offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), avec pour objectifs titanesques 2 000 000 de tonnes de maïs, 3 000 000 de manioc, 500 000 de riz, 2 000 000 pour les autres céréales, 400 000 000 de litres de lait (attachez bien vos ceintures !), 43 500 tonnes de viande. Et il indique toutes les mesures qu’il a prises ou envisage de prendre dans cette perspective (le lecteur intéressé prendra connaissance de ces « mesures » dans les différents journaux). Il invitera ensuite ministres, hauts fonctionnaires, directeurs et cadres de société à cultiver au moins 20 hectares. Cet homme nous en fera vraiment voir de toutes les couleurs ! Ce ne sont quand même pas des bras qui nous manquent pour cultiver la terre. Qu’il donne à nos millions de braves paysans suffisamment de bonnes semences, suffisamment d’engrais, des produits phytosanitaires, de bonnes machines agricoles et ils feront le reste !

 Nous avons quand même le devoir, l’émotion et la surprise générale passées, de nous interroger sur les centaines de milliards que nous coûte la mise en oeuvre des idées folles de Me Wade. « Nous avons déjà importé de l’Inde des équipements. Nous avons commandé le complément », a-t-il notamment expliqué devant une salle pleine comme un œuf, lors du fameux Conseil présidentiel. « Nous », c’est qui ? Dans quelles conditions ces équipements agricoles qui nous posent de plus en plus problème sont-ils encore commandés ? Les responsables de l’Autorité de Régulation des Marchés publics (Armp) doivent s’intéresser de près à ces questions-là. Déjà, nous savons que, à l’occasion du Conseil interministériel du 12 avril 2 006, le président de l’Association des Agriculteurs de la Vallée du Sénégal a dénoncé que nombre de ces équipements ne sont pas adaptés à leurs terres, que nombre d’autres leur sont arrivés sans moteurs. D’autres encore seraient de seconde ou de troisième main. L’ancien Premier ministre Macky Sall qui présidait ce Conseil ne me démentira pas, lui qui avait sommé, après ces révélations, les ministres compétents alors présents de mener une enquête. Nous attendons encore les résultats de cette enquête.

Me Wade annonce aussi que, dans le cadre du « Programme Bawnaan », il va acheter deux avions pour ensemencer les nuages. Pour un coût de dix milliards ! Dix milliards, c’est quand même beaucoup ! Il est vrai que si on considère les « excellents résultats » du « programme » rendus publics par Me Wade, il y a de quoi acheter d’autres avions. N’est-ce pas ce même Me Wade en effet qui, s’adressant à la télévision nationale à la fin du Conseil des Ministre du 28 juillet 2 005, le dernier avant les vacances, déclarait avec fierté ce qui suit : « La réussite des pluies artificielles (provoquées) a amené un véritable changement, si on compare avec la pluviométrie des années précédentes. C’est une opération qui, testée pour la première fois, a réussi à bouleverser les données hydriques, c’est-à-dire que cela a pu nous permettre d’augmenter les pluies sur tout le territoire national du Sénégal. »

C’est énorme, tout ça ! De quel Sénégal parlait-il vraiment celui-là ? Où était donc ce fameux « programme » pendant le très déficitaire hivernage 2 007-2 008 ? Ce même « programme » va continuer sûrement, comme de nombreux autres sous l’ère Wade, d’engloutir des dizaines de milliards pour des résultats aléatoires. Des voix très autorisées me confortent dans mon pessimisme. C’est le Premier ministre Macky Sall lui-même qui, lors de ce fameux Conseil interministériel du 12 avril 2 006, nous faisait la confidence suivante : « Beaucoup d’argent a été injecté dans l’agriculture, mais nous ne voyons pas les rendements. Il y a une multitude de programmes agricoles, mais ils n’ont pas encore permis d’atténuer les problèmes. Il faudrait que l’on s’arrête pour procéder à leur évaluation ou en faire un diagnostic objectif. »[5] Son ministre de l’Économie maritime d’alors, Monsieur Djibo Ka, qui constatait lui aussi l’inefficacité des investissements dans l’agriculture, confiait à Walfadjri des15-16-17 avril 2 006 ce qui suit : « Chaque année, nous mettons des milliards dans l’agriculture, mais le secteur continue de poser des problèmes. Structurellement, nous avons un problème de fond. Il faudrait que l’on s’arrête pour faire le point sur l’efficacité de nos investissements. »

Voilà qui est clair et sans équivoque. Beaucoup de nos milliards se volatilisent aussi bien dans l’agriculture que dans d’autres secteurs. Et avec l’homme qui nous dirige et dont l’évaluation et les études ne sont pas le point fort, cette situation est partie pour durer. Nous allons donc continuer de perdre de l’argent, beaucoup d’argent. Le temps est venu, bien venu de nous arrêter sur l’utilisation de nos milliers de milliards dans les différents secteurs de l’agriculture (Plan Reva, Programme Bawnaan, équipements agricoles, etc), dans les différents projets, programmes ou agences nationales comme l’Apix, l’Anoci, le Plan Jaxaay, le Pcrpe, le « Cœur de ville » de Kaolack, l’Université du Futur africain, pour ne citer que ceux-là parmi de nombreux autres. Il est temps, vraiment temps, de lever le voile d’opacité qui entoure ces milliards dont nous avons tant besoin, pour le développement de notre pauvre pays.  

leur leader décrète des programmes spéciaux qui émergent chaque année de sa tête bouillonnante d’idées, sans analyse, sans étude diagnostique préalable 



[1]  Le Soleil du 22 février 2 000.

[2]  Le Soleil du 27 mars 2 001.

[3]  N’est-ce pas ce même président Wade qui conseillait au Directeur général de l’Onudi qu’il recevait en audience le 30 mai 2 007, « de ne plus faire d’études mais de passer à l’action, comme (il) fait au Sénégal » ?

[4]  Le Quotidien du mardi 5 juillet 2 004, page 7.

[5]  Lors du Conseil présidentiel du 18 avril 2 008, le Ministre d’État, Ministre de l’Économie et des Fiances a révélé que, de 2 000 à 2 008, le gouvernement injecte chaque année 120 milliards en moyenne dans l’agriculture.


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