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L’Église Se Voile La Face Par Pathé MBODJE, M. Sc, Journaliste, sociologue
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Sénégal-Education :Crise du foulard religieux.


L’Église Se Voile La Face Par Pathé MBODJE, M. Sc, Journaliste, sociologue


Le Cardinal Adrien a eu une curieuse réaction face à la crise du foulard islamique qui a marqué les inscriptions cette année dans les établissements privés catholiques avec des exclusions notées çà et là, en particulier au collège Thiamdoum de Grand-Yoff et à Anne Marie Javouhey de la Médina.
Comment le refus de camaraderie forcée (serrer la main) ou de socialisation poussée (s'asseoir ensemble sur un même banc) peuvent-ils fausser l'esprit de cohabitation ? « En ces temps de lutte et de promotion du vivre ensemble, l’école privée catholique ne peut accepter que l’on pousse des élèves à se distinguer par des comportements en inadéquation avec son esprit de famille et d’ouverture ». Nous avions perdu là une bonne occasion de laisser nos morts intercéder en notre faveur, surtout quand on sait que, dans le mêm temps et dans une partie du cimetière Saint-Lazare en ce premier novembre, la croix voisinait avec le croissant lunaire étoilé : dans un sublime pied de nez aux vivants, ceux qui y reposent invitaient au dépassement sectaire et dogmatique et insistant sur une communauté de destin qui allait au-delà des religions. Jean et Paul voisinent avec Aminata et Abdoulaye, dans la paix et la tranquillité, pour l’éternité.


L'idée est bonne de dialogue et de tolérance, comme l’a toujours fait le cardinal Sarr ; sa réalisation par l'exclusion (physique et morale) est à rejeter au nom d'une laïcité dont s'est accommodé un enseignement qui a accepté la non participation partielle à certaines activités statutaires (catéchisme). Au surplus, dans une démocratie laïque, un règlement intérieur ne saurait se substituer à la loi fondamentale qui caractérise la république du Sénégal.


Avec la résurgence des mouvements charismatiques, après l'éclosion avortée des années 80, la désaffection religieuse se vérifie de plus en plus au sein de l'Église ; il faut donc ramener les ouilles dans le troupeau, mais non convertir les autres. Le combat de toujours de l’homme de Dieu ne saurait en effet se résumer à un combat sectaire.


Cet ancien président de "Présence chrétienne" des années 1990 poursuivrait alors on ne sait quelle chimère ou quel moulin à vent pour concrétiser le catéchisme du 16 novembre 1992 où l'Église réifiait certes l'ordre social, mais avançait quand même son souci d'un nouvel ordre fraternel entre les hommes...de foi.

L'évêque de Kaolack d'alors avait invité Abdoulaye Bathily à venir discourir dès le 8 novembre 1992, pour réaffirmer la volonté de l'Église de "ne pas travailler en dehors des hommes" : désormais, Théodore Adrien Sarr se voulait défenseur de la veuve et de l'orphelin, surtout suite au douloureux débrayage de 72 heures du Sutélec, et invitait les fidèles à "s'engager là où les décisions se prennent pour contribuer à la victoire du bien sur le mal"("Le Devoir", volume 8, n° 15, 25 novembre 1992, page 7).


Comment alors comprendre ce qui s’apparente à une croisade voulant instaurer une fracture

fraternelle là où existait jusqu'alors l'entente sociale la plus cordiale ?



La polémique née avec le Monument de la Renaissance africaine, en décembre 2009 démontrait pourtant le souci d’équilibre, de justice et d’équité auquel nous invite le patron de l’Eglise sénégalaise depuis plus de vingt ans. Sa valeur financière avouée mais non vérifiée, à quelques mois du surenchérissement du coût de la vie, de la flambée du prix des matières premières et des émeutes de la faim de 2008, s'achevait dans les difficultés connues des populations sénégalaises et que le président de la République reconnaît lui-même : dans son discours de fin d'année, ses premiers mots auront été de reconnaître les affres de l'année (2009) qui s'achevait. Or, la religion a justement choisi ces périodes pour ne pas travailler en dehors des hommes, participer à la vie de la société et au choix des hommes de la temporalité.



Les différentes crises entre le religieux et le politique, depuis environ la disparition du cinquième khalife général de Borom Touba, rejoignent de peu la théologie de la libération et proposent non seulement de libérer les pauvres de leur pauvreté, mais en plus d'en faire les acteurs de leur propre libération ; l'Eglise dénonçait déjà par ce biais le capitalisme, la cause de l'aliénation à la pauvreté de millions d'individus.




Dans la réalité, la religion elle-même a été prise en otage par la société qui lui a imposé une quasi rupture de vocation au début des années 50 lorsque l'étude de la société s'est trouvée accélérée par la fin de la Seconde guerre mondiale et « lorsque des catholiques progressistes s'éloignent d'un catholicisme conservateur, au profit d'une voie dans laquelle l'action politique apparaît comme une exigence de l'engagement religieux dans la lutte contre la pauvreté », relèvent les Encyclopédies. La théologie de la libération voyait alors le jour en Amérique latine, base de l'étude du changement social dans les pays sous domination avec la naissance des Amin, Cardoso et autres en 1968 ; « elle a pu établir des ponts avec le marxisme, utilisé en tant qu'instrument d'analyse et d'observation de la société - bien que la plupart de ses tenants s'en soient par la suite distancés, prônait la libération des peuples et entendait ainsi renouer avec la tradition chrétienne de solidarité », ajoutent les écrits.

Cette évolution s'est manifestée au Sénégal avec les ajustements imposés depuis près de trente ans qui ont favorisé de nouvelles segmentations de la société sénégalaise avec une paupérisation qui n'allait pas forcément vers le bas peuple. Cela s'est vérifié avec le mouvement « Présence Chrétienne » et aussi avec les Imams de Guédiawaye : l'engagement des uns et des autres est né avec l'électricité et, plus généralement, les difficultés de la vie.

Elément déterminant de réification de l'ordre social, la religion s'est ainsi transformée depuis quelques années en lieu d'éveil et d'évolution des mentalités des fidèles incités à participer à la vie de leur milieu social. Si l'Amérique latine avait ouvert le bal dans les années 60 avait la théologie de la libération, le Sénégal s'est distingué dès le début des années 90 avec l'évêque de Kaolack d'alors, Mgr Adrien Sarr, qui a animé le puissant mouvement « Présence Chrétienne » ; désormais, l'Eglise n'attendait plus les fidèles sur le parvis : bien au contraire, elle allait à leur rencontre et discutait de leurs soucis quotidiens, loin de la nef.



La récente immixtion des Imams de Guédiawaye dans la vie publique, les complaintes angoissées de l'Eglise au Sénégal, surtout courant décembre 2009, sont aussi constitutivess d'une réalité émergente d'une religion sortie des mosquées et des églises à la rencontre des fidèles appelés à refuser une situation de précarité que rien ne semble justifier, aux yeux des responsables religieux, que la boulimie ou la cécité du pouvoir nouveau.

Mais l’affaire du foulard islamique de ce début d’année scolaire, perçue comme « stigmatisation de la majorité religieuse », a jeté un froid (passager) dans la fraternité de combat pour la cohésion sociale du Cardinal.
Pathé MBODJE, M. Sc, Journaliste, sociologue
Parcelles assainies, Unité 10, Villa N° 276, Dakar, Sénégal, tél (00 221) 76 681 64 06
sites : www.pathembodj.com ; blog : http ://koccbarmafall.skyrock.com










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