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Le seul pyromane du pays, c’est le vieux politicien Abdoulaye Wade
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Le seul pyromane du pays, c’est le vieux politicien Abdoulaye Wade
L’opposant Wade était déjà connu pour sa passion effrénée pour le pouvoir. Il sera élu – c’était son destin – président de la République, le 19 mars 2000, à l’issu d’un scrutin exemplaire, dont nous pensions tous qu’il allait marquer d’une pierre blanche l’histoire politique de notre pays et y enraciner définitivement la Démocratie. Il n’en fut malheureusement rien, et nous n’allions pas tarder à nous en rendre compte.
Dès son installation officielle, le 1er avril 2000, il annonce la couleur par ses premiers actes et installe le pays dans la politique politicienne et électoraliste. En particulier, il s’entoure vite de minables courtisans qui, à force de l’inonder de louanges dont il raffole, finissent par le convaincre qu’il constitue vraiment la seule constante, une sorte de démiurge à qui rien n’est impossible. Il se croit, en fin de compte, absolument indispensable et réduit l’histoire du pays à sa propre histoire. Il n’imagine même plus le Sénégal en dehors de lui et la perspective de se faire remplacer un jour par un autre dont on parlera lui est insoutenable.
Il se signale en particulier par ses fanfaronnades et s’adonne parfois à des déclarations qui frisent le ridicule, et peut-être déjà, la sénilité. Après lui, ce sera le désert, vraiment le déluge pour notre pays. Á cet effet, voici ce qu’il confie à L’Observateur du 17 mars 2004 :
« Je n’ai vu personne pour me remplacer (à la tête du pays). Ni dans mon parti, ni ailleurs. Je cherche encore, mais je ne trouve pas. Je ne suis pas un capitaine qui va jusqu’en pleine mer pour abandonner le navire. Je n’ai encore vu personne qui peut assurer ma relève dans la paix. (…) Vous savez, ce n’est pas facile du tout d’avoir quelqu’un pour me remplacer. Un président, cela demande du caractère et des qualités indéniables, beaucoup de caractère et un environnement favorable. Les gens doivent avoir une bonne opinion de lui, il ne doit pas être quelqu’un qui n’est pas aimé. Je n’ai pas encore vu ce personnage dans mon parti, mais je cherche. »
Sur 12 à 13 millions de Sénégalais et de Sénégalaises donc, il est seul à pouvoir diriger le pays. Á la rigueur son fils, qu’il présente comme « le meilleur d’entre nous », y arriverait peut-être avec succès. Et même si, par extraordinaire, il trouvait l’oiseau rare pour le remplacer un jour, le gouvernement que ce dernier mettrait en place ne pourrait pas se passer de ses éminents services. Pour nous en convaincre, rappelons cette réponse qu’il fit à un journaliste (« L’Observateur » n° 425 du jeudi 17 février 2005, p.5), qui lui posait une question sur l’éventualité de sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 :
« Cela ne dépend pas de moi (…). Aujourd’hui, je suis à la tête du Sénégal, je fais tout ce que je peux pour faire avancer le pays, tout en restant mobilisé pour l’Afrique. Cela ne veut pas dire que je tienne absolument à rester au pouvoir. Si, aujourd’hui, les conditions étaient réunies, je crois que je pourrais tout naturellement me retirer pour écrire mes mémoires, faire autre chose et recevoir de temps en temps ce gouvernement du Sénégal qui aura hérité du travail que j’ai fait, de mes idées et qui viendrait me demander quelques conseils ou que je le fasse bénéficier de mes relations (sic). »
Nous devrions avoir besoin de ses lumières, peut-être même après sa mort ! Notre vieux président est donc un homme de pouvoir, qui va s’y accrocher jusqu’au dernier souffle. Il ne gouverne pas, il fait de la politique politicienne et électoraliste, pour arriver à cette fin. Et tout, dans le pays, est réglé au rythme de cette préoccupation. Il est entièrement responsable de ce qui nous arrive aujourd’hui. On se rappelle qu’il s’est empressé, à deux ans et demi seulement de son second mandat, de déclarer sa candidature à un troisième, à partir de l’État du Vermont des Usa où il était en voyage. Depuis lors, il n’est plus question que de cette candidature singulière et inédite. Dans les pays sérieux, les grandes démocraties, les chefs d’État et de gouvernement en exercice ne font état de leurs déclarations de candidature qu’à quelques mois de la fin de leurs mandats. Si notre vieux président politicien s’était mis au travail et avait attendu le moment opportun pour annoncer sa fameuse candidature, il nous aurait sûrement épargné la situation confuse que nous vivons aujourd’hui ou, du moins, nous l’aurait notablement différée.
Nous constatons avec amertume que le vieux président-candidat et son clan se sont lancés, bien avant l’heure, comme de coutume, dans la campagne électorale, utilisant sans état d’âme et au grand jour les moyens de l’État, accaparant la minable télévision « nationale » qui couvre abondamment et parfois en directe toutes ses activités politiciennes et électoralistes. Le tout sous l’œil indifférent, impuissant, voire manifestement complaisant du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (Cnra), structure inutile comprenant des membres payés à ne rien faire. Leurs longues files de véhicules avides de carburant parcourent le pays dans tous les sens. Au niveau de la présidence de la République, l’argent coule à flot, par dizaines, par centaines de millions de francs Cfa.
L’autre escroquerie, peut-être la plus vaste du siècle, est ce fameux slogan : « Ma carte, ma caution ». Il est bien à l’image de son initiatrice, la très activiste Aïda « Fantomas » Mbodj, que les téléspectateurs découvrent chaque soir, envahissante, au journal parlé de notre minable télévision « nationale ». C’est un véritable crime que d’arracher la somme de 100 francs à nos pauvres femmes du monde rural, pour constituer une caution de 65 millions de francs, à un candidat qui dépense chaque jour le même montant ou infiniment plus. La désormais très liquide néo-libérale de Bambey ne se rend même pas compte que ces « petits » 100 francs qu’elle collecte peuvent servir à acheter du lait, pour compéter le maigre petit déjeuner des tout jeunes ruraux.
Notre vieux président politicien est sans conteste le seul incendiaire, le seul responsable des tensions sociales qui secouent tous les secteurs de la vie nationale. Par sa générosité manifestement intéressée, il a créé partout des frustrations. Les grèves se succèdent, chaque organisation syndicale exigeant sa part du « gâteau » présidentiel. Par son insouciance, il a détraqué tout le système de calcul, qui se fondait sur des critères objectifs précis, pour attribuer salaires ou indemnités. Je n’insiste pas, outre mesure, sur son injustice flagrante connue désormais de tous. J’en évoquerai seulement la manifestation la plus récente en faveur du président du Conseil constitutionnel, de certains autres Chefs de juridictions supérieures et de la vérificatrice générale de l’Inspection générale d’État. Le Ministre d’État, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice s’est fendu d’un communiqué pour défendre l’indéfendable : leurs salaires ont été portés à ce niveau (5 millions de francs Cfa) pour les mettre à l’abri du besoin ! Comme si le besoin n’était pas relatif ! Comme si les médecins qui opèrent à longueur de journée et dans des conditions souvent difficiles, n’avaient besoin d’être à l’abri du besoin pour éviter toute erreur ! Comme si les professeurs qui encadrent plusieurs thèses, en plus de leurs tâches d’enseignement et de recherches, n’avaient pas besoin d’être à l’abri du besoin ! Quand même !
La préoccupation de notre vieux politicien est bien ailleurs. Il a manifestement besoin d’un coup de pouce pour réaliser le seul objectif qui vaille à ses yeux : rester le plus longtemps au pouvoir, jusqu’à la mort s’il y a lieu. Il fait montre de la même générosité à l’endroit de nombreux autres compatriotes susceptibles, de par leurs fonctions, de cultiver leurs parts de son jardin électoral. C’est notamment le cas avec les gouverneurs de région dont un ministre maladroit louait le wadisme de certaines d’entre eux. Cette maladresse a soulevé une levée de boucliers d’indignation (réelle ou apparente) de la part de l’Amicale des administrateurs civils. Ce ministre n’a pas tout à fait tort : il s’est plutôt mal exprimé. Les gouverneurs, préfets, sous-préfets ne sont sûrement pas des wadistes. Les premiers et les seconds en particulier sont formés à bonne école. Ils savent ce que gérer un pays signifie et que le régime libéral est loin d’être un exemple de bonne gestion administrative. S’ils sont parfois complaisants avec le régime en place, c’est moins par attachement à un quelconque wadisme que pour sauvegarder leurs privilèges substantiels.
Cette complicité des autorités administratives avec le régime en place ne date pas d’ailleurs d’aujourd’hui. J’ai largement développé cette question dans une contribution parue dans le quotidien « Walfadjri » du 30 août 2000, avec pour titre provocateur (choisi par la rédaction du journal) : « Quand des préfets falsifiaient des résultats des bureaux de vote ». Cela arrivait effectivement, mais n’est plus possible aujourd’hui, depuis l’entrée en vigueur du Code électoral consensuel de 1993. Cependant, des autorités administratives continuent encore à donner des coups de pouce. C’est un secret de polichinelle.
Notre vieux politicien est donc manifestement injuste. Il n’est pas seulement injuste, il s’érige également en défenseur des délinquants. N’est-ce pas lui qui a gracié les assassins de Me Sèye et inspiré la scélérate Loi « Ezzan » ? C’est le même politicien qui a gracié sans état d’âme les violents casseurs des journaux « L’AS » et « 24 Heures Chrono » et soustrait le commanditaire du tribunal correctionnel qui est la seule instance devant laquelle il devait être traduit. Son immunité attend patiemment d’être levée par notre assemblée nationale croupion. Les auteurs du lâche attentat perpétré sur la pauvre personne de Talla Sylla courent toujours malgré leur identification rapide, semble-t-il, par la très compétente Brigade de Recherches de la Gendarmerie nationale. Je passe sous silence les forfaits flagrants des nombreux bourreaux de nos finances publiques, qui continuent de trôner au niveau le plus élevé de l’État libéral, dont l’impunité est devenue une des marques déposées.
Aujourd’hui, les citoyens en sont réduits à organiser leur propre défense, leur propre sécurité. La regrettable mort d’homme qui a résulté de l’attaque de la Mairie Sicap-Sacré-Cœur-Mermoz par des nervis en est la parfaite illustration. Notre justice et nos forces de sécurité n’inspirent plus confiance. C’est pourquoi, en attendant la décision du très gâté Conseil constitutionnel, nous proclamons haut et fort notre farouche opposition à la candidature singulière et inédite de ce vieux politicien de 88 ans, à un troisième mandat de 7 ans. Ce combat, pour légitime qu’il soit, ne doit cependant pas faire l’objet de toutes nos préoccupations. D’autres tâches importantes nous attendent sur le terrain : sécurisation du vote, explication de nos programmes, visites de proximité, etc. Nous ne devons surtout pas suivre les Wade et leur clan sur le terrain dit de la mobilisation. Á cet égard, ils sont imbattables, avec leurs mallettes toujours pleines à craquer. Il y a surtout que ces mobilisations sont finalement contreproductives. Les grandes foules qu’elles drainent ne se traduisent pas forcément en nombre de voix dans les urnes. S’il suffisait de mobiliser, le président Diouf serait élu dès le premier tour du scrutin du 25 février 2000, et le clan des Wade gagnerait facilement Dakar lors des élections locales du 22 mars 2009.
Il y a aussi que le vieux politicien sait, malgré des apparences bavardes et trompeuses entretenues par ses courtisans et par lui-même, que c’est un homme fini. Son avenir, s’il en a encore un, est manifestement derrière lui. Il le sait, mais n’étant capable ni de grandeur ni de dépassement, il est prêt à mettre le pays à feux et à sang. Il ne faut point que nous le suivions sur cet autre terrain glissant. Continuons cependant de défendre nos droits, certainement dans le respect des lois et règlements en vigueur, mais également dans une farouche détermination ! Ne donnons point la première gifle, mais ne tendons jamais la joue pour en recevoir une seconde !
Mon dernier mot sera en direction de mes compatriotes. Après le long calvaire que nous avons vécu avec les Wade et leur système, nous avons besoin d’une République plus républicaine, plus démocratique, surtout moins folklorique et moins politicienne. La prochaine République devrait être moins dépensière, plus sereine, plus travailleuse et surtout plus juste en mettant tous ses fils et toutes ses filles au même pied d’égalité.
Nous avons donc intérêt à être très vigilants vis-à-vis de tous les candidats que nous avons en face, en particulier des anciens Premiers ministres de notre vieux président politicien. Ils rejettent sans état d’âme le régime parlementaire et l’éventualité d’un mandat de 5 ans. Sept ans, c’est déjà trop long surtout si on est susceptible de vouloir en ajouter sept autres. Ces deux candidats ont surtout le devoir de nous rassurer, en nous fournissant des explications très claires sur nombre de questions qui les interpellent. Ils doivent nous convaincre qu’ils sont guéris du présidentialisme outrancier de leur ancien mentor.
En particulier, celui qui se voit quatrième président de la République et qui se comporte déjà comme tel dans ses tonitruants déplacements ne me rassure guère. Il ne sera sûrement pas ce chef d’État sobre et discret que je souhaite de toutes mes forces. Sur bien des points d’ailleurs, il risque d’être, une fois élu, le sosie de celui dont il se disait le jardinier des rêves, dans les premières années de l’alternance.
Mody Niang, e-mail : modyniang@arc.sn

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Commentaires
VERITE
Tout le mal du Senegal ce sont nos guides religieux qui ne veulent pas dire la vérité à wade.
Ecrit par: BA | 02/01 08:55PM


Mr Mody - I like your blog. This text is well written. J'aurais souhaite que les gens s'inspirent de votre maniere d'agencer vos idees. Aussi, ce vieux Wade est tres accro au pouvoir mais il nous revient de le mettre hors du palais grace a la mobilisation - sinon plus forte - de l'an 2000. Il faut le mettre KO!
Ecrit par: moi | 29/12 06:51PM


Au secours où sont les contributeurs virulents comme DAOUDA NDIAYE? As tu rejoins WADE ou quoi encore?
Ecrit par: ARONA | 29/12 02:57PM

c'est triste pour le sénégal
C'est triste pour notre pays d'avoir un Kim Il Sung Wade comme en Corée du Nord!ce fou est trés dangeureux et il méne le pays tout droit au chaos.il a réussi à corrompre honteusement meme les grands "guides" Tidianes que sont abdou aziz junior et moustapha cissé de pire,les pauvres qui ont vendu leurs ngor au diable.
Ecrit par: TAPHA | 28/12 12:32PM


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