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Quel président pour diriger le Sénégal au soir du 26 février 2012 ?
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L’élection présidentielle n’est plus qu’à quelques semaines de nous. Les candidats se déclarent de jour comme de nuit. Mais, comme à chaque fois, il y aura des prétendants sérieux et engagés. D’autres ne seront, malheureusement, là que pour amuser la galerie. En cette année électorale, les profils des candidats sont très variés. On retrouve un octogénaire usé mais qui n’est pas encore rassasié de pouvoir, des politiciens professionnels qui, pour la plupart, se sont enrichis en milliards sur le dos du peuple, des ambitieux qui croient que la lumière ne luit que pour eux, une comtesse française, un marabout et un….chanteur de Mbalakh! Dans cette arène politique sénégalaise, chacun croit en sa bonne étoile et rêve de remporter le suffrage des électeurs.

Devenir président est le rêve de tous. Mais, tous ont-il la stature d’un Président de la République ? Senghor l’avait. Diouf aussi. Wade, lui, n’a jamais pu l’avoir. Quel étrange destin que celui de cet homme qui s’est battu pendant 26 ans pour l’alternance démocratique au sommet de l’Etat du Sénégal ! Les gens de ma génération (ceux qui sont nés après l’indépendance obtenue en 1960) ont aveuglement cru en lui. L’opposant Wade a longtemps exercé sur nous une grande fascination.

Comme Gbagbo et d’autres, il incarnait l’espoir et son discours allait dans ce sens. Il a symbolisé le courage, la hardiesse, la force et la générosité dans l’effort. Pour les millions de jeunes « wadistes » que nous étions, le «Sopi» allait changer nos vies, consacrer l’équité et la justice sociale, promouvoir les valeurs humaines, consolider la nation sénégalaise, défendre et renforcer les institutions de notre très jeune République. Mais, hélas Wade a déçu! En onze ans, l’Etat qu’il incarne a fait la preuve de son incompétence totale dans bien des domaines. Comme le dit l’adage c’est à l’œuvre qu’on reconnait l’artisan. Wade n’en est pas un. On attendait beaucoup de lui, il a trompé tout le monde.

D’aucuns diront : «Non, Wade a beaucoup fait !». Nous admettons cela. C’est vrai qu’il a changé le visage d’une partie de la capitale Dakar en mettant en place des infrastructures routières, construit une statue à sa démesure, etc. Il a, plus que Senghor et Diouf, mis des centaines de milliards dans la construction d’écoles, d’hôpitaux, entre autres choses. On pourrait allonger la liste pour plaire à certains. Seulement, ces réalisations cachent des scandales de toutes sortes. Sous le règne libéral, le pays a connu tous les excès. En effet, ce régime s’est singularisé par une méconnaissance grave de l’Etat, de la rigueur dans la gestion des affaires publiques. Ignorance qui s’est traduite par sa patrimonialisation qui, malheureusement, la tire vers la faillite.

Aujourd’hui, le pays ne vit et ne respire plus que pour la prochaine joute électorale. La tension est partout perceptible : violence armée, arrestations de leaders politiques, insultes et menaces verbales qui fusent de partout. Tout tourne autour de questions de personnes, de partis, de clans. Le choix du futur président (Wade ou un autre peu importe !) Doit-il se faire au prix du sang ? A mon humble avis : non ! La question ne devait-elle pas plutôt être de discuter de programmes, d’orientations politiques, de projets de société qui mettent le Sénégal en avant ? Le pays fait face à la corruption, à la gabegie, à l’impunité, ….. Nous devons combattre définitivement cela. Autrement, ces plaies finiront par engloutir notre pays que des générations de braves hommes et de femmes ont construit au prix de leurs vies. La course effrénée et éhontée vers l’avoir, le gain facile, le bien-être matériel, la notoriété sont hélas des tares bien sénégalaises. Ce sont des défauts que nous portons en nous. Ne sommes-nous pas tout simplement lâches, mesquins et légers pour mettre tout cela toujours sur le dos des seuls politiques?

L’élection présidentielle ne consacrera qu’une seule personne. A cet individu, nous confierons la lourde tâche de présider à nos destinées, au moins, pour cinq ans. D’où l’intérêt de bien le choisir pour éviter la déconvenue née de l’alternance.

Notre préoccupation, enfin, est de savoir si l’on doit toujours nous focaliser, par sentimentalisme, sur une personne qui, une fois installée au pouvoir, oublie ses promesses, foule aux pieds la constitution et installe un dispositif discriminatoire au seul bénéfice de son camp : femme et enfants, amis, vieux et nouveaux compagnons, marabouts et courtisans ? Ce qui s’est passé sous le régime dit de l’alternance ne doit plus jamais de reproduire sous nos cieux. Le Sénégal, pour son avenir, a besoin d’un homme nouveau, patriote et sincère, dynamique et travailleur qui ait pour seule et unique préoccupation la satisfaction des intérêts de tous les sénégalais. Nous estimons que notre peuple est sensé. Nous espérons aussi qu’il est évident qu’il saura prendre son destin en main pour des lendemains enchanteurs. Choisir le meilleur parmi les candidats doit être notre seul souci si nous aimons réellement notre pays.

Amadou Sarr
Email Saramadou2008@gmail.com

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