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Aujourd'hui la réalité la mieux partagée au Sénégal est que le peuple se sent trahi par le contrat social qu'il avait noué avec le président Wade en 2000. Il leur a fait rêvé d'une démocratie véritable en leur garantissant dans ses multiples discours une constitution stable et une gouvernance à la hauteur des grandes démocraties. Dix ans après le réveil fut brutal. La constitution a été vidée de son essence avec plus d'une trentaine de tripatouillage. Le seul rempart qui restait et qui portait sur la limitation du mandat, cheval de bataille de Wade avant 2000, fait l'objet d'une fallacieuse interprétation d'esprits tordus qui prétendent connaître le droit plus que l'ensemble des rédacteurs qui en ont établi l'esprit et la lettre de collaboration étroite avec le président. Pourquoi serions fondés à recevoir l'interprétation de ceux qui s'improvisent en connaisseurs du droit en disant que les enseignants et concepteurs du droit constitutionnel n'ont pas leur mot à dire? Que font-ils des sources indirectes du droit telle que la doctrine? Aujourd'hui plus que jamais, si Wade et sa bande de courtisans pensent que le Sénégal a renoncé à la démocratie qu'ils se détrompent car tous les esprits éclairés sont exaspérés par cette mauvaise gouvernance qui a traversé nos frontières et qui n'honore aucun citoyen de ce pays. Le sabotage systématique des institutions, la corruption, l'aggravation de la pauvreté et les coupures intempestives d'électricité n'ébranlent nullement notre volonté de continuer la lutte démocratique jusqu'à l'avènement d'une démocratie véritable. Au delà de tous ces maux que les sénégalais vivent du fond de leur âme, il est surtout important que le président Wade comprenne que la monarchisation du pourvoir, qui aujourd'hui conditionne l'ensemble de ses manœuvres, l'emportera à coup sûr. La démocratie est l'antinomie de la monarchie, ces deux termes s'opposent fondamentalement dans leur essence. Si comme Wade le pense, son fils est meilleur que l'ensemble des sénégalais en matière de finance, qu'il sache que ce dernier n'a à ce jour rien prouvé qui démontre cette élucubration insensée. S'il voulait voir les meilleurs sénégalais dans ce domaine il lui suffisait juste de faire une annonce publique de candidature pour l'organisation du sommet de l'OCI, il se rendrait vite compte que son rejeton ne pèse pas un gramme devant l'ensemble des grands esprits que compte le Sénégal. L'idée d'un fils meilleur, répété sur l'ensemble des tribunes est la plus grave insulte que le président n'ait faite à sa population en plus de l'avoir trahi. Enfin, le président Wade gagnerait à s'inspirer de grands hommes tels que Lula Dasylva du Brésil. Malgré la pression de certains membres de son parti, il s'est opposé à la candidature de trop. Il entend rendre le tablier et s'occuper d'autres chats à fouetter. La grandeur des hommes se mesure à leur capacité de s'élever au dessus de leurs intérêts partisans pour embrasser les aspirations de leur peuple. Au Sénégal, cette aspiration aujourd'hui, c'est que Wade nous laisse au moins un pays stable capable de relever les défis futurs.
Ibrahima Gassama Economiste spécialisé en développement durable Montréal, Canada
igassama@gmail.com
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