blog de ibrahima gassama
mis à jour: 01/04 01:02AM

 
 

[01/01 07:13AM]
Bilan de l’année 2010 pour le Sénégal: le festin des hyènes continue!
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La métaphore de l’hyène pour expliquer la manière dont le pouvoir est administré au Sénégal me paraît éloquente pour donner l’heure juste dans un pays dévasté par la corruption. Rien ne fera reculer la bête devant toute opportunité qui lui permettrait d’acquérir la viande et s’en servir. Il serait alors prêt à braver beaucoup d’obstacles pour parvenir à cette fin. De manière similaire, rien ne semble freiner l’ardeur démesurée du pouvoir d’Abdoulaye Wade de se servir massivement dans les fonds publics du pays au risque de continuer à l’appauvrir. L’effet de la corruption de masse sur le développement n’est plus à démontrer au Sénégal.  De nos jours, peu de sénégalais parviennent à joindre les deux bouts et les protestations régulières de la banlieue ne semblent point ébranler cette logique d’enrichissement individuelle au détriment des aspirations légitimes du peuple.

Le FESMAN, symbole de tout le malaise social

Le FESMAN est un exemple assez illustratif du malaise social vécu au Sénégal au courant de l’année 2010. Au moment où le roi essaie de démontrer à la face du monde sa fierté à travers son festival, la banlieue réagit et exprime son exaspération pour des coupures d’électricité insoutenables et une vie chère qui fait crever les plus fragiles. Les hyènes ayant tout mangé, il ne reste plus de viande pour faire bouillir les casseroles.  Et rien ne semble montrer que ces calvaires vont vers une résolution car le mépris ambiant du gouvernant à l’endroit du gouverné a atteint son paroxysme. Le pouvoir n’a plus d’oreilles pour écouter ni ne bras pour agir sur les maux de la société, mais attention au retour du bâton car «ventre vide n’a point d’oreilles».

Des questionnements sur l’utilité de la fête

La question de fond que l’on peut avoir au sujet de cette fête est la suivante : En quoi elle a réellement été additionnelle à la démonstration de la dignité de l’Homme noir? Le gaspillage qui la caractérise dans un univers de crise financière mondialisée ne montre-t-il pas que les africains n’ont pas besoin d’affirmer leur identité d’une telle manière? À quoi sert l’approche dite culturelle si elle n’est pas participative (exemple, la lutte négligée) et si la capitale baigne dans le noir? Réfléchir initialement sur ces questions aurait permis de voir que cette fête était inutile dans sa volonté d’affirmer l’identité noire.

Dans la même foulée, le gaspillage et les détournements financiers qui ont abouti à l’érection du monument de la renaissance ne contribuent pas non plus à l’affirmation d’une identité culturelle. Le prix à payer pour défendre la culture des africains a été financièrement si onéreux et si mafieux qu’au contraire il a terni l’image de l’Homme noir. En bout de ligne, la princesse à qui la fête a été confiée n’a plus à en faire un bilan mais devrait en récupérer le crédit politique de tout ce qui y sera bien. Quelle imagination sélective! La princesse récupèrera le bien et rejettera le mal sur les autres. C’est cela le mode de gouvernance auquel nous sommes habitués maintenant.

Négligence de la jeunesse

Tout semble montrer que ce royaume où les hyènes règnent en maître ne laisse que peu de choix à la survie. La jeunesse, qui subit de plein fouet la dure réalité du sous-emploi, est négligée malgré des milliards d’investissement qui sont annoncés dans le pays mais dont les effets en termes de création d’emploi et de réduction de la souffrance des ménages sont très peu visibles. Cette jeunesse, qui en désespoir de cause, prend la mer pour braver les océans à la recherche d’une vie meilleure n’est pas considérée car peu de projets concrets de création d’emplois ont vu le jour sous le magistère du roi. Cette situation ne saurait permettre l’émergence de la prospérité dans le pays. Comme disait Adam Smith : «le travail est le fond primitif qui constitue la richesse des nations». La jeunesse du pays représente la force créatrice sur laquelle le pays devrait  inéluctablement se fonder pour créer la richesse nécessaire à son développement. Il n’est jamais trop tard pour reprendre le bon chemin.

La petite entreprise se meurt

Le secteur informel, qui se bat dans la débrouillardise comme il le peut, voit ses efforts toujours anéantis par des coupures d’électricité pour lesquelles le prince était sensé apporter une solution en raison de «ses capacités supérieures à celles de l’ensemble des sénégalais» (selon le roi). L’échappatoire de la montée des cours du pétrole brut (comme le président nous le sert chaque année) n’est plus suffisant pour masquer le problème structurel de ce secteur qui a beaucoup souffert d’une gestion nébuleuse depuis 2000.   

Le fardeau des immigrés augmente

Si ce n’était la population migrante du Sénégal, dont les flux d’envois représentent 9,8 % du PIB (Commission économique pour l’Afrique, 2010), la vie dans les familles du Sénégal aurait été très difficile. Le festin des hyènes agrandit aussi leurs (immigrés) charges financières et les empêche souvent de dormir sur leurs deux oreilles. Quand ça ne va pas dans le pays, le bien-être de l’immigré diminue aussi, car il doit partager davantage et cela empêche le basculement des familles vers le dénuement total. Les immigrés ont donc tout à gagner dans la fin de ce royaume qui dans le fond ne profite qu’aux hyènes.

Ibrahima Gassama, Montréal

Économiste spécialisé en développement durable

igassama@gmail.com

 

 


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Commentaires

Ce texte à lui seul donne tout le portrait de la situation du Sénégal. Il est bien écrit et facile à comprendre. Merci M.Gassama pour la qualité de tes analyses.
Ecrit par: coolboy | 04/01 05:55AM

Belle Analyse
Bonjour Mr Gassama Votre analyse est pertinente , malgré la distance vous connaissez la realité de votre pays et surtout l'agissement nefaste de votre president tout homme eclairé doit vous lire et vous accompagnez dans votre noble mission qui est le combat de plume pour l'emergence d'un senegal respecté et respectable tout mon respect pour vous
Ecrit par: Guineen | 03/01 09:49PM

Merci Monsieur Gassama
Je n'ai jamais vu un article aussi pertinent sur le royaume Wade Counda. Merci monsieur Gassama de votre engagement dans la lutte pour le progrès du Sénégal et de l'Afrique. On a besoin de jeunes comme vous, ambitieux, soucieux du développement du Sénégal et du bien-être de tous les sénégalais. Merci d'avoir osé dire haut et fort ce que la majorité des sénégalais vivent mais que peu osent dire. Nous attendons impatiemment votre prochain article...
Ecrit par: Jiguen | 02/01 03:04AM

Identite Negre
La Devolution monarchique qui est sur toutes les levres aujourd’hui, est une vieille pratique socialiste. Nous ne sommes pas des amnesiques politiques, encore moins des nostalgiques du passe du feu regime socialiste. Abdou Diouf est devenu President de la Republique du Senegal, non pas par accident, ni que le Peuple souverain en avait decide ainsi, mais par simple coup-d’Etat constitutionnel. Nous avons l’inconditionnelle obligation en tant que Negres et dignes fils et filles du Continent Noir (Afrique) de nous enraciner dans nos valeurs positives avant de nous ouvrir au reste de la Famille de l’Humanite. Nous devons nous sortir de l’enfermement dans lequel les colonialistes, les Puissances de Babel nous ont mis en nous injectant une Instruction qui banalise notre propre Culture et Histoire et nous transforme en “Petits-Blancs”. Cette instruction n’a fait qu’aliener l’homme noir. Aujourd’hui sur le Continent, nos gouvernants pillent sans pudeur aucune, les deniers publiques et s’autoproclament meilleurs que ceux qu’ils gouvernent, parce que tout simplement, ils se pavanent a longueur de journee avec un morceau de tissu autour du coup (cravate) et qu’ils ressemblent plus a leurs Maitres Occidentaux. Acceptons freres et soeurs de vivre Africain, parce que, c’est la seule facon pour nous Negres de vivre libres et dignes. La voie du Salut qui garantit a la fois, la Dignite de l’homme Noir et une Afrique Unie et Indivisible, passe incontournablement par la mise en pratique de la Pensee de Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Kouameh Kourouma, Cheikh Anta Diop… • Les Socialistes, avec le fameux Gaston De Fer a leur tete, n’ont reussi que la Balcanisation du Continent Noir et la dilapidation de son Immense Richesse politico-economique et culturelle. • Les Liberaux ont fini de mettre en agonie les Valeurs Positives Negro-Africaines et, marchandent a coup de Papier imprime (cfa…) nos Ames au Diable. Dans le cas précis du Senegal, les derives du Pouvoir liberal en place, sont dues en majorite a l’opposition fantome et non republicaine. Cette derniere, en boycottant les dernieres legislatives, a laisse le libre choix aux liberaux d’utiliser a leur guise l’Assemblee Nationale, la Cour Supreme et le Conseil constitutionnel pour finalement installer d’une maniere non-moins republicaine, leur Dauphin a la Majustrature Supreme. Si une telle chose se passait demain, la faute incomberait largement aux adeptes de la Politique de la chaise vide, notamment les partis politiques qui ont benevolement choisi de boycotter les dernieres legislatives, afin de punir le Peuple Senegalais de leur avoir refuse les portes du Palais de la Republique. L’Assemblee parlementaire est le maillon le plus incontournable dans une democratie, surtout directe… Arretons les marchandages et les mascarades politiques.Unissons-nous veridiquement autour de l’essentiel, parce que l’histoire juge toujours ses hommes. Prenons l’exemple du Senegal,tant qu’on aura pas regle le probleme de la candidature a la majustrature Supreme, la misere des peuples reste sans solution. Le Senegal a une population estimee a environ 13 millions. L’Assemblee Nationale doit voter une loi selon laquelle tout pretendant a la tete de l’Etat, doit pouvoir justifier devant la Commission Independante du Fichier Electoral (CIFE), l’adhesion du 1/5 des citoyens(2 millions) a son projet de societe. Cela permettrait de regrouper les micro-partis en partis representatifs et significatifs et ainsi l’on habillerait l’echequier politique du Senegal d’environ 3 a 5 partis politiques legalement constitues. Ceci ferait place a beaucoup plus de transparence et sur la meme lancee, reduirait les depenses electorales. Cherchons ensemble le Candidat qui passerait en revue de facon transparente, les Grands-Dossiers du Senegal de 1960 a nos jours, afin de combattre de maniere effective et efficiente l’impunite et de restituer Justice aux ayant-droits. S’il y a un veritable Leader dans la presente Classe politique Senegalaise, il faut bien le chercher dans le cercle restraint de l’opposition republique qui n’ a jamais abandonne le Peuple a la merci, ni du Pouvoir actuel liberal, ni celui precedent socialiste. La conviction de la Ligue des bons esprits demeure que le Candidat qui reunirait autour de lui les qualities et les personalites requises, se demarquerait des Maniaques du Pouvoir qui ne pensent qu’au partage du Butin, “Bennoo Siggil Senegal” ou “Bennoo Seddoo Senegal”, “Alternance Sopi ou Alter-noce Soupee”. Les voleurs de la Republique doivent payer de leurs crimes politico-economiques. “La Patrie ou la Mort, nous vaicrons”. Thomas Sankara “La Politique est la gestion saine de la Cite”. Papa Latyr Faye PLF http://www.youtube.com/thebaayfaal
Ecrit par: PLF | 01/01 03:33PM


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