BLOG DE LAMINE NIANG

   Le Canada: nouvel eldorado ou briseur de rêves de l'élite africaine? [28/12 06:50PM]   
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Montréal, 15 décembre. Métro Snowdon. Un froid glacial règne sur la ville. Le thermomètre affiche moins vingt cinq degrés. Le tapis blanc qui décore les rues de la ville ralentit la marche des piétons et des automobilistes. À part le vrombissement des moteurs de voiture et le vent qui siffle, le silence dicte sa loi partout en cette matinée hivernale. On s’empresse de s’engouffrer dans la station et d’aller  retrouver la chaleur du métro, qui mènera les usagers à leurs différents lieux de travail. Profitant de ce petit moment d’attente avant l’arrivée de la prochaine rame, je me verse dans une réflexion existentielle sur le temps parcouru par les blancs avant d’en arriver à confectionner autant de merveilles que sont les infrastructures démesurées qui surplombent les grandes métropoles. De même, je m’émeus devant la chance qu’ils ont  de pouvoir profiter de tant de facilités de déplacement et de moyens de locomotion aussi pratiques que le métro.

Cette pérégrination cognitive sera interrompue par les rires assez forts de deux hommes qui n’arrêtaient pas de plaisanter  derrière moi et de se donner de petites tapes amicales de temps à autre. Leur bonne humeur contrastait beaucoup avec la mine maussade dans laquelle la rigueur hivernale avait plongé toute la population. Je me retourne pour les regarder et celui qui paraissait le plus âgé lance à son compagnon : « Je te l’avais dit. C’est ton compatriote. Un vrai Sénégalais» Je réponds par un sourire à cette remarque. Cela détend davantage l’atmosphère. Après les présentations, entrecoupées par l’arrivée du métro, nous nous asseyons côte à côte. Dans la discussion, mes deux nouvelles connaissances m’expliquent qu’ils allaient travailler…dans un entrepôt de vêtements.

Jean Christophe, d’origine congolaise, est médecin de formation. Il a pratiqué pendant neuf ans avant de quitter son pays il y a une dizaine d’années en compagnie de sa femme et de ses trois enfants. Quant à Cheikh, nouvellement marié,  cela fait huit mois qu’il a abandonné son emploi d’ingénieur en télécommunications au Sénégal  pour tenter l’aventure canadienne. Après nous être séparés, je me mis à réfléchir toute la journée sur la situation des nouveaux cadres et intellectuels qui viennent par milliers chaque année recommencer une nouvelle vie au Québec et dans le reste du Canada. Pourquoi ont-ils renoncé à tant de privilèges et d’avantages sociaux pour venir occuper, dans la plupart des cas,  des travaux qui sont à des années lumières de leur domaine de compétence? Comment ont-ils été séduits aussi facilement par les autorités de l’immigration canadienne? Comment expliquer autant de perte de matière grise pour un continent qui peine toujours à décoller?

En fait,  pour vendre la destination Canada, les services de l’immigration ne manquent pas d’arguments.  Si le manque de main d’œuvre est la raison principale de cette nouvelle boulimie migratoire, force est de constater que beaucoup de choses sont cachées aux futurs immigrants. L’accent est davantage mis sur toutes les belles opportunités qui attendent les futurs travailleurs qualifiés. En effet, si pour tous les nouveaux arrivants, l’entrée sur le sol canadien garantit la résidence permanente, qui débouchera plus tard sur la citoyenneté, cela constitue effectivement un sésame dont pourraient profiter largement  les immigrants et leur progéniture. Par ailleurs, avec un système de santé relativement gratuit, l’attrait est vif pour des personnes qui ont beaucoup de peine à se soigner correctement dans leur pays d’origine. Pour ceux qui sont à la recherche d’un havre de paix, le Canada,  à l’instar des États-Unis,  garantit la liberté d’expression et le droit à la différence, ce qui est primordial pour un bon épanouissement personnel et intellectuel.

 Toutefois, il faut également souligner que les informations reluisantes fournies ça et là ne constituent que la face visible de la médaille. En effet, pour la très grande majorité des nouveaux arrivants, trouver un emploi convenable relève d’un véritable parcours du combattant. Beaucoup de professions telles que : avocat, médecin, ingénieur, comptable, etc. sont régies par des Ordres. Ce qui exclue d’office les prétendants à ces postes peu importe leur expérience professionnelle  et leur parcours académique. Ainsi, une nouvelle formation accompagnée d’une petite expérience seront souvent nécessaire avant de trouver une vraie chaussure à sa pointure. Dans un pays où les études coûtent cher et exigent un manque à gagner considérable, il est clair qu’il faut une bonne dose de courage, un sens élevé du sacrifice  doublé d’une grande motivation,  pour retourner dans les bancs des amphithéâtres. Par conséquent, beaucoup se retrouvent à occuper des empois subalternes dans les centres d’appels, les taxis, les restaurants et autres supermarchés.  Que faire si on a des bouches à nourrir au quotidien et des sollicitations qui pleuvent en permanence de l’autre côté de l’Atlantique? Il faut trouver un emploi à tout prix et espérer trouver mieux un jour. Un pari risqué!  

Certes, les motivations et les arguments qui poussent à l’immigration varient d’une personne à une autre: dictature du pouvoir en place, fuite de la guerre, pauvreté extrême, besoin de nouveaux défis, pressions familiales dues à forte la demande sociale... Toutefois,  il serait toujours plus judicieux de venir tâter le terrain et rencontrer du monde pendant quelques mois avant de tout laisser derrière soi pour imaginer aller à la conquête du paradis terrestre.

L’être humain demeure toujours dans une quête perpétuelle de richesse, de bonheur, de savoir et  de nouveauté, mais il doit être rare, voire inexistant, ce pays qui offre tout et qui répond parfaitement à toutes les attentes. Ainsi, beaucoup en arrivent à regretter leur acte après avoir découvert plus tard le pot aux roses sur le sol canadien. Même si certains tirent leur épingle du jeu en trouvant un travail adéquat après un temps plus ou moins long, cette minorité constitue la goutte d’eau dans  cet  océan de désillusions et de regrets d’une grande partie des immigrants africains. 



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CONSEIL
Merci de vos informations. Je suis etudiant en france,jaurai mon diplome d'ingenieur cette année et je voulais aller au Canada.Vu de votre article j'hésite ,quel conseil vous pouvez me donner? merci
Ecrit par: BADIANE | 30/12 01:38PM


article tres edifiant.tour d horison rapide expeditif de l environnement mais laisse entrevoir les difficultes qu on aura a faire face...faut noter aussi les difficultes d adaptation surtout des enfants ainsi que l interpretation et la receptivite de ces lois par certains candidats avec toute la famille femme et enfants...
Ecrit par: nian | 30/12 12:13AM


Article vraiment très intéréssant, mais faut savoir aussi que chaque pays préfère donner du travail aux diplômés issus de ses écoles et universités, c'est pour cette raison une petite formation supplémentaire semble être la bonne résolution pour trouver un travail dans son domaine.
Ecrit par: Mamour | 29/12 09:07PM

Common sense
Monsieur le bloggeur je suis d'avis avec toi sur certains points que je ne vais pas citer . Mais il faut reconnaitre que ces pays on leur standars a suivre ne les blamons pas .En quittant l'Afrique pour L'Europe ou L'Amerique on doit s'attendre a ces nouvelles exigences . Et je dirais meme que c'est mieux .Prenez par example un gas de India un informatien soit on le hire directement avec son diplome ou bien des qu'il debarque aux USA il va a l'ecole pour une ou 2 annees and start competing pour les meilleurs jobs . Je pense que le problem se trouve ailleurs . Les senegalais y compris moi des fois nous aimons les racourcis et la facilite .
Ecrit par: Paco | 29/12 06:28PM


Tres bonne reflexion, dommage que les gens ne pensent qu'a sortir sans maitriser les problemes de l'immigration
Ecrit par: | 29/12 03:19PM


merci de m'avoir répondre sur l'enseignement. Voilà des articles que la diaspora et les jeunes trouvés au pays ont besoin. Que Dieu vous bénisse.
Ecrit par: | 29/12 12:38PM

Restons tranquillement chez nous
moi jsui informaticien mais je reste au Sénégal l'état a dépenser combien pour nos études à la fin on part pour servir un autre pays c'est malheureux
Ecrit par: Baye | 29/12 09:14AM

question
Bjr, je voudrais savoir à propos de l'accès à l'emploi en banque
Ecrit par: Mor | 29/12 09:08AM

Merci
Merci d'avoir renseigner au moins les gens qui ne voit que l'immigration c'est vraiment dommage mais bon on y peut rien .
Ecrit par: Omar | 29/12 08:06AM


Bonjour, je trouve votre article intéréssant. Cependant il faut noter que chez les nouveaux arrivant on note un manque d'enthousiasme et de vouloir les racourcis pour avoir de l'argent coute que coute. Pour le medecin congolais je pense que se serait bien pour lui d'aller faire les sciences infirmiéres niveau baccalauréat ou maitrise en deux ou trois ans et qui paient trés bien. Je pense également qu'aujourd'hui on ne peut pas quitter son pays sans s'informer du marché du travail et des exigences.
Ecrit par: | 29/12 01:29AM


il est facile de trouvver du boulot ds lenseignement a condition de retourner sur les bancs pendant une a 2 annes encore
Ecrit par: | 29/12 12:07AM


Merci de vos informations. Je voudrais savoir s'il est facile d'obtenir un boulot dans l'enseignement secondaire, moyen ou universitaire
Ecrit par: | 28/12 08:09PM


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A propos de l'auteur

 Diplômé des Sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Montréal, Lamine Niang enseigne à Montréal. Il coanime l'émission Africa Demb sur radiovivaafrica.com tous les dimanches à 19 heures.

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