Cris hystériques et joie incommensurable des vainqueurs, larmes et déception des vaincus. En ce 11 juillet 2010, la magie du football a fait grimper les Espagnols et leurs supporters aux rideaux et anéantit les rêves démentiels des Oranje. Il aura fallu ce coup de pied phénoménal d’Iniesta pour tout bouleverser et permettre à tout un peuple d’entrer dans le cercle restreint et tant convoité des champions du monde.
Vous l’aurez compris, la coupe du monde a vécu et a surtout tenu ses promesses. Les Sud africains, malgré un parcours sportif décevant, à l’image de la presque totalité des pays africains, ont gagné cependant le pari de la mobilisation et de l’organisation. Et cela demeure une victoire éclatante et historique à l’endroit surtout des Afro pessimistes. Aucune violence physique rapportée, encore moins un rapt ou un acte terroriste. L’Afrique du Sud a montré, l’espace d’un mois, une image reluisante, qui aura fini de convaincre même les plus incrédules. Et c’est à l’honneur de tous les Africains. Un pays économiquement émergent avec des infrastructures routières et hôtelières ultramodernes a su accueillir dans la plus grande sécurité et avec une hospitalité légendaire les milliers d’étrangers venus défendre la cause du ballon rond.
Les caméras n’ont pas manqué, comme toujours, de se promener dans les endroits les plus crasseux et les plus démunis de Johannesburg à la recherche de ce petit élément exotique qui saura toucher notre fibre émotionnelle et nous replonger dans les perpétuelles interrogations existentielles sur les rapports inégalitaires qui rythment la condition humaine. Rien de blessant! Car tel est le sort même des pays les plus nantis. L’opulence la plus insolente y côtoie toujours l’indigence la plus abjecte.
Ce que nous retiendrons et qui force notre admiration, c’est la capacité d’une communauté qui, malgré des décennies de brimade, d’ostracisme et d’humiliation a réussi à relever la tête et à regarder le monde dans les yeux.
Ne pas oublier certes, mais éviter de s’apitoyer éternellement sur son sort. Une leçon d’espoir et surtout de confiance pour l’ensemble de la jeunesse africaine. Yes we can