Débit modéré et parfois lent, regard fixe semblant chercher la réponse à la question posée, explications fournies avec concision voire avec parcimonie de temps en temps, les différentes sorties d’Ibrahima Fall dans plusieurs médias du pays cette fin de semaine ont fini de donner une idée précise aux Sénégalais sur le nouveau candidat déclaré aux prochaines joutes présidentielles. Un coup médiatique réussi!
Un concurrent sérieux qui risque de créer la surprise au soir du 26 février de l’an prochain, car l’homme semble incarner la sagesse, le sérieux, l’expérience et le charisme. Des qualités humaines nécessaires à un « présidentiable» et qui font hélas sensiblement défaut à la plupart des prétendants au fauteuil présidentiel.
Un verbe tranchant et laconique qui s’oppose aux élucubrations pompeuses et rhétoriques qu’une bonne frange de la classe politique nous a habitués. De plus, contrairement à de nombreux chefs de parti dont la création de leur formation politique est grandement tributaire d’une certaine frustration personnelle à la suite de conflits supposés ou réels avec le président en exercice, Ibrahima Fall, lui, s’est fait désirer depuis longtemps. Il tombe à pic comme qui dirait et partant, pourrait être le choix des indécis qui, il faut le dire, constituent une composante non négligeable de l’électorat. Mieux, il grignotera à coup sûr dans les rangs de l’opposition traditionnelle comme dans ceux du parti au pouvoir.
À sa charge, un reproche qui revient comme une ritournelle : son long mutisme sur la situation du pays et son indifférence sur la gestion calamiteuse des libéraux. Où était-il lorsque les Sénégalais pataugeaient dans les eaux boueuses des inondations? Pourquoi n’avait-il pas réagi lorsque ses compatriotes se perdaient- le supplice continue- dans les abysses de l’obscurité? Bref, pourquoi n’a-t-il pas gouté au plat si fade de la souffrance des Sénégalais?
« L’obligation de réserve à laquelle sont tenus les fonctionnaires internationaux», nous rétorque-t-il en substance.
Une réponse qui ne semble pas satisfaire ses détracteurs.
Une tâche noire dans son profil prestigieux et quasiment immaculé, et avec laquelle il devra trainer comme une petite cicatrice nichée au milieu d’un front .
Lui-même et sa cellule de communication devront convaincre les plus sceptiques de l’impertinence d’une telle critique. Nous prouver en quelque sorte qu’Ibrahima Fall n’est mû que par l’ «intérêt supérieur» de la nation.
Dans tous les cas, sa candidature jette un pavé dans la marre politique et impose une nouvelle redistribution des cartes. Pour le moment, l’homme au discours policé semble s’éloigner des attaques personnelles et des querelles de bas étage. Cependant, il devra s’attendre à voir ses adversaires politiques se dresser sur son chemin. Certains, pour conserver leurs privilèges ou obtenir le pouvoir tant convoité seront prêts à toutes les bassesses.