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Je voudrais dans ce qui suit partager ce que m’inspire et que je vois se dégager du programme de gouvernement du candidat Macy Sall, candidat de la coalition Macky2012. Il va sans dire que les conclusions et interprétations contenues dans cette contribution n’engagent aucunement la coalition Macky2012. Je n’ai en aucun moment consulté ou obtenu des informations provenant de la coalition et relatives au programme. Toutes erreurs, omissions ou mauvaises interprétations sont entièrement miennes.
« Notre cher Sénégal est traversé par d’innombrables fractures. Le modèle de développement choisi jusqu’à présent ne parvient pas à venir à bout des injustices sociales. Il faut le changer. Il faut le repenser » dixit Macky Sall. Ce papier se voudrait une contribution au « repenser le modèle ».
Le programme, tel que je l’ai compris, est articulé autour des trois piliers suivants:
1.Les Institutions ; 2. Les Programmes ; 3. Les Acteurs Economiques ;
Son succès dépend de la conjugaison de ces 3 facteurs.
Les institutions et les programmes constituent les deux premiers piliers, base d’une pyramide sur laquelle les acteurs économiques, troisième pilier, sont assis. De la robustesse de la base pyramidale et de la productivité des agents économiques dépend l’émergence économique du Sénégal ou « Yoonu Yokkute ».
Autrement dit, le programme fait un large pari sur la bonne gouvernance, à travers les institutions de la république et le capital humain à travers les acteurs économiques. Il fait de cette option la condition sine qua non de l’émergence économique.
Bonne Gouvernance, Capital Humain: Conditions sine qua non du Yoonu-Yokkute
Rappelons avant de continuer sur notre lancée que l’objectif, la seule promesse du candidat est le « Véritable Développement ». Pour atteindre cet objectif, tout comme pour réussir toute entreprise, de solides fondations sont requises. Dans le cas d’espèce, les institutions et la pertinence des programmes mis en œuvre constituent le socle sur lequel repose le Yoonu-Yokkute.
Les premiers jalons d’un gouvernement du Yoonu-Yokkute devraient donc s’atteler à la réalisation rapide d’un cadre institutionnel optimal à la réussite des programmes qui feront un focus sur trois composantes pivotales de la population du Sénégal : les jeunes, les femmes et le monde rural.
Le choix de ces trois composantes n’est pas fortuit. Le Sénégal dispose d’une population extrêmement jeune qui lui ouvre d’intéressantes opportunités de gains de productivité à condition qu’elles soient judicieusement exploitées.
Selon Babacar Ndir, expert en politique de développement « Le Sénégal est actuellement tout au début de la deuxième phase de sa transition démographique…la structure par âge de sa population est donc particulièrement favorable à l’économie et le restera jusqu’en 2050. Il s’agit d’une opportunité à saisir pour corréler la croissance économique a celle des emplois, en misant notamment sur un capital humain des jeunes générations supérieur à celui des générations précédentes. Cette période restante de la phase du bonus démographique va être d’une importance cruciale pour le Sénégal… »#
En effet, parvenir à l’émergence suppose une population bien formée et en bonne santé. Cela suppose des agents économiques dotés de qualifications professionnelles adéquates, préparés à competir dans un monde globalisé, évoluant dans un environnement incitatif capable d’attirer les capitaux extérieurs.
Il n’y a pas de doutes que la clef du développement économique et social de tout pays dépend de l’efficacité/productivité de ses acteurs économiques. C’est une lapalissade ou en tout cas devrait l’être. Comme le suggère une étude de la Direction de la Prévision et des Etudes Economiques (DPEE) ‘’…une politique des dépenses publiques beaucoup plus orientée vers l’amélioration des la productivité pourrait sans doute contribuer à accroitre substantiellement le potentiel de croissance de l’économie sénégalaise.’’
La productivité du travail devrait, de façon radicale et systématique, constituer l’instrument de mesure privilégié des systèmes de rémunérations, de promotions. Bref, la base de la réussite économique et sociale.
Il est généralement admis que le capital humain transcende tous les autres facteurs de développement. Ce n’est pas un hasard si le PNUD (Programme de Nations Unies Pour Le Développement) produit depuis près d’une vingtaine d’années un rapport annuel dénommé « Rapport sur le développement humain dans le monde » avec à la clef l’élaboration d’un indice de développement humain (IDH). Les théories économiques classiques et néo-classiques, Keynésiennes et néo-keynésiennes sont toutes modélisées sur la base de l’articulation facteur travail et facteur capital.
Tout programme sérieux de développement devrait donc s’appuyer et investir sur les acteurs économiques les plus dynamiques et les plus porteurs de développement.
La vision de développement du Sénégal telle que conçue par le candidat de la coalition Macky2012 n’est donc pas fortuite. Elle repose sur les composantes stratégiques et optimales que sont les jeunes, les femmes et le monde rural. Autrement dit, une vision dont le modus operandi est le capital humain.
Quelques statistiques sur les raisons qui sous-tendent ce choix :
Les Jeunes : 43.5% de la population a moins de 15ans ; 68% a moins de 25 ans ; avec 30% seulement dans l’enseignement secondaire#;
Les jeunes de 15-34 ans représentent 35% de la population mais 81.3% n’ont aucune qualification alors que 46.4% d’entre eux -sont occupés;
Les Femmes : Elles représentent 52% de la population mais leur potentiel de participation a l’effort de développement est encore largement sous-utilisé ; 83% des femmes actives sont occupées dans le secteur informel et les travaux domestiques ; elles ne représentent que 28% des enseignants de l’élémentaire; leur productivité est handicapée par une mortalité maternelle élevée de 400/100,000 et une mortalité infanto-juvénile de 117/1,000 ;
Le Monde Rural : Le secteur primaire représente près de 16% du PIB mais emploie environ 60% de la population active ; un énorme potentiel de gain de productivité.
Repenser le modèle de développement, c’est repenser la place et le rôle de l’Etat dans le processus et la mise en œuvre de programmes de développement. C’est pourquoi, le premier pilier du programme est représenté par les institutions et la promotion de la bonne gouvernance.
Il s’agira de réussir la transition vers un Etat propulseur de dynamiques de développement et créateur d’un environnement propice à l’entreprenariat privé et aux affaires. Un Etat doté de suffisamment de compétences capables de conceptualiser, mettre en œuvre, suivre et évaluer les politiques et programmes de développement.
Après les indépendances, et pendant longtemps, l’Etat a appliqué des politiques volontaristes et peut-être trop volontaristes. Ensuite, dans les années 1980, sous l’impulsion des institutions de Bretton-Woods, à travers les Programmes d’Ajustements Structurels (PAS), un libéralisme « sauvage » a été appliqué. Ces politiques ont toutes connu des échecs retentissants, à tel point que cinquante ans après, on s’interroge encore sur la bonne stratégie de développement.
Ainsi donc, les stratégies de développement axées sur un Etat providence et volontariste, tout comme les stratégies basées sur la régulation par le marché, ont toutes montré leurs limites. La solution semble résider dans l’articulation intelligente d’une régulation de complémentarité « Etat-Mécanismes de marché ».
Il est peut-être urgent de reconsidérer et re-calibrer l’Etat pour en faire le garant de la bonne gouvernance, le garant d’une société juste et équitable, le lieu de création d’un environnement intérieur propice aux affaires et aux investissements extérieurs et non le centre de la création des richesses. Tout cela conçu en étroite collaboration avec le secteur privé et la société civile. En effet, ces politiques doivent promouvoir la transformation structurelle de l’économie tout en cherchant à mettre la recherche du profit privé au service du Yoonu-Yokkuté.
La coalition Macky2012 a bien compris cette urgence en prévoyant dans son dispositif « JIW »# ou « Principaux Investissements de Rattrapage » entre autres :
Création d’un Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires pour l’Entreprenariat (FONGIP) de 350 milliards de FCFA pour le financement de l’entreprenariat du secteur informel et agricole ;
Création d’un Fonds Souverain d’Investissement Stratégique (FONSIS) de 250 milliards de FCFA pour le renforcement des moyens capitalistiques des entreprises et industries à fort potentiel (Cimenterie, BTP, Agro-industrie, Télécom, Assurance/Réassurance, etc.) ;
Création/Réhabilitation des marchés incluant des infrastructures de stockage, de conservation, de conditionnement et de transformation dans toutes les régions ;
Développement des unités de semences améliorées par la mise en Etat des services de recherche et de développement agronomique, la création de nouvelles structures et une synergie des différents pôles de recherche nationaux et sous régionaux ;
Libéralisation totale du secteur de la production d’énergie pour fournir au minimum 200MW supplémentaires.
Repenser le modèle de développement, c’est aussi repenser la pertinence des stratégies et programmes mis en œuvre. C’est le rôle du de deuxième pilier de dégager les axes prioritaires qui vont baliser le Yoonu-Yokkute. Ces axes prioritaires, permettent d’éviter les pilotages à vue. Ils accompagnent et consolident la vision qui fait de l’investissement dans le capital humain et la mise en place d’institutions robustes la rampe de lancement de l’émergence économique du Sénégal.
Il s’agira à travers 5 axes prioritaires de s’attaquer à l’injustice sociale (Axe1) ; Renforcer les bases du développement(Axe2) ; Améliorer la productivité développante (Axe3) ; Construire un Etat de droit et ériger la bonne gouvernance en règle(Axe4) ; Assurer la paix et la sécurité et promouvoir l’intégration Africaine(Axe5). Quelques points saillants des axes sont illustrés ci-dessous.
Axe1: Justice Sociale
1. Accroissement de la couverture médicale et réduction des coûts de santé;
2. Construire un système de couverture médicale a travers une caisse nationale de solidarité maladie (avec une gestion transparente et l’inclusion des paysans, ouvriers et autres travailleurs indépendants et du secteur informel);
3. Bourse de sécurité familiale (100,000 FCFA/famille pour environ 200,000 foyers);
4. Retour à la cantine scolaire avec système d’internat pour les enfants des couches les plus défavorisées.
Axe2: Bases du développement
1. Renforcer les bases du développement par la construction de pistes de production;
2. Développer les infrastructures vers les zones de production agricole;
3. Développer dans la zone Sylvo-pastorale un réseau densifié de forages;
4. Régler définitivement le problème de l’énergie;
5. Insister sur la formation professionnelle pour supporter/promouvoir le tissu industriel;
Axe3: Productivité Développante
1. Produire de la valeur ajoutée et réduire la dépendance extérieure;
2. Transformer nos produits agricoles en insistant sur la transformation céréalière;
3. Redynamiser le secteur du Tourisme et utiliser tout le potentiel de création d’emploi qu’offre ce secteur;
Axe4: Etat de droit & Bonne Gouvernance
1. Assurer l’Independence des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire;
2. Renforcement de la cour des comptes avec accès aux comptes de la présidence;
3. Déconcentration/Décentralisation des corps de contrôle de l’Etat;
Axe5: Paix, Sécurité et Intégration Africaine
1. Régler définitivement le conflit en Casamance en initiant une politique inclusive instaurant un dialogue entre le MFDC, la société civile, la Gambie et la Guinée Bissau.#
L’alliance Macky2012 propose donc aux Sénégalais, un programme économique, social et politique qui ambitionne de porter le Sénégal à l’émergence économique ou Yoonu-Yokkute.
Ce programme s’appuie sur les trois piliers que l’on vient de décrire à savoir : Les Institutions, les Programmes, et le capital humain (Jeunes, Femmes, Monde Rural).
C’est un projet de société qui porte d’intéressants germes de rupture et appelle à des changements structurels autant dans la façon de gérer l’Etat, les biens publics que dans les comportements individuels.
Ce qu’il faut au Sénégal, c’est comme dirait l’autre, c’est un ‘’Nouveau Type de Sénégalais ».
Ce NTS est un acteur économique productif, responsable, conscient et respectueux de ses droits et devoirs. Le NTS est un Sénégalais bien formé, entreprenant, qui n’attend pas tout de l’Etat et qui est capable de competir dans une économie mondiale globalisée.
Ce qu’il faut au Sénégal c’est un Etat qui promeut la bonne gouvernance, la méritocratie, la transparence, l’équité, la justice pour tous, la séparation des pouvoirs. Bref, ce qu’il faut au Senegal, c’est un Etat efficace qui gère des ressources extrêmement rares de façon extrêmement optimale en mettant les hommes qu’il faut à la place qu’il faut.
Babacar Beye
Ingénieur Statisticien Economiste
Lead Manager Strategic Pricing & Analysis, AT&T
Atlanta, GA
asbeye@gmail.com
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Belle analyze
Mr Beye, tres coherente analyze. Merci pour votre contribution
Ecrit par: Afreecun | 21/02 12:36AM
Que du verbiage. C'est nul!
Arretez vous partisans de Macky avec vos insanites. Non seuleument ce texte est nul, mais le programme de Macky est aussi nul. A present qu'il a trahi, il peut continuer sa campagne solitaire et faire pacte avec son maitre Abdoulaye Wade.
Ecrit par: Alex | 20/02 11:43PM
Le sable mouvant
Comment ce Beye ose présenter Maquis Sâle et son programme comme l'alternative? Comment un traitre trahi peut-il être peint comme un ange?
Voilà un démon qui fera pire que Wade. C'est un sable mouvant qui emportera tout ceux qui se tiendront debout sur lui. A bon entendeur.....
Ecrit par: Deg Deug | 20/02 12:55PM
Je prefere ce Babacar Beye a Macky Sall lui meme ou a tout autre candidat .
Well said Mister Beye !!!
Ecrit par: ALGORE | 20/02 04:14AM
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